EUROPE 1: Les hébergements d’urgence sont-ils suffisants pour les SDF en France ?

Publié le 03/01/2017


Avec la vague de froid qui s’abat sur la France depuis plusieurs jours, où en est-on des hébergements d’urgence ?  

L'ENQUÊTE DU 8H d'EUROPE 1

Le froid s'installe sur toute la France avec des températures négatives depuis plusieurs jours. A tel point que le Plan grand froid a été déclenché dans cinq départements (la Haute-Marne, la Marne, la Somme, la Seine-Maritime et la Moselle). Près de 7.000 places ont été ouvertes mais le compte n’y est pas encore.

Plus de place à Paris, Lyon et Lille. Les professionnels de la lutte contre l'exclusion craignent que ce soit le pire hiver depuis longtemps. Chaque soir à Paris, sur 1.000 appels au 115, 200 à 300 personnes n'auront pas de solution pour dormir au chaud. Les foyers, les chambres d'hôtel, les hôpitaux désaffectés ou même les gymnases affichent complet. Même constat à Lyon  ou encore à Lille. Dans la ville du Nord, 70 personnes ont essuyé un refus la nuit dernière. Et c'est sans compter sur tous les SDF qui ont eux-mêmes renoncé à appeler le Samu social.

Le ministère du Logement dit multiplier ses efforts... Ce manque de places d'hébergement, notamment dans les grandes villes, n'es est pas dû à un manque de moyens. En tout cas, le ministère du Logement fait savoir qu'il n'a jamais fourni autant d'efforts pour lutter contre l'exclusion, avec notamment 27% d'hébergements en plus depuis trois ans.

Personne ne met sur la table de projet de loi pour enrayer ce phénomène. On est en train de banaliser la misère. Mais les associations soulignent une certaine lenteur et reprochent aux services de l'Etat d'avoir trop tardé à mettre en place leur dispositif. En novembre, ils ont notamment identifié 1.200 places supplémentaires avant de s'apercevoir qu'il fallait y effectuer des travaux, équiper les logements, remettre l'électricité, etc. Résultat : sur ces 1.200 places, seules 750 sont aujourd'hui ouvertes.

Cette gestion de dernière minute inquiète et énerve Thierry Velu, du GSCF, groupe de secours catastrophe français. "C’est tout simplement une mauvaise volonté de l’Etat", s’emporte-t-il. "Personne ne met sur la table de projet de loi pour enrayer ce phénomène. On trouve normal de se rendre aux Restos du Cœur, on trouve normal de mettre 250 places d’hébergement en plus. On est en train de banaliser la misère".  

Des hébergements d'urgence pérennes. Dans cette vue d’ensemble plutôt critique des hébergements d’urgence, il y a quand même un satisfecit. Le gouvernement semble avoir entendu l'urgence première avancée par ces associations. Selon elles, il faut pérenniser les places d'hébergement au delà des périodes de grand froid pour éviter tout simplement de remettre à la rue et dans une extrême précarité ces SDF une fois le thermomètre remonté. L'année dernière, les 2.000 places d'hébergement qui avaient été créées pour l'hiver sont restées ouvertes toute l'année. Au total, il y a aujourd'hui 120.000 places d'hébergement pérennes. Encore très loin du compte tout de même. On estime à près de 200.000 le nombre de sans-abris aujourd'hui en France.

Le GSCF a lancé un appel aux dons pour acheter des "kits de survie" aux personnes SDF et à leurs animaux. Aidez les dans leur campagne de financement participatif via ce lien
 

source EUROPE 1




 



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