Entre la misère et le choléra, les Haïtiens n'ont pas choisi

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Entre la misère et le choléra, les Haïtiens n'ont pas choisi
Ce dimanche soir, une pluie épaisse s'abat sur Carrefour, cette ville de la banlieue de Port-au-Prince où une mission du GSCF (1) s'est installée pour une semaine. Les enfants jouent joyeusement sous les averses. Cette eau tombée du ciel impose un répit éphémère à la canicule. Mais c'est aussi un ennemi sournois.

C'est par ce ruissellement que s'infiltre partout le choléra. Cette maladie invisible se diffuse à vitesse grand V à travers les eaux insalubres. Depuis le début de l'année, selon l'édition du week-end du quotidien haïtien Le Nouvelliste, près de 7 000 personnes seraient mortes des suites de cette bactérie, apparue juste après le tremblement de terre.

Équipements pour rendre l'eau potable

C'est donc naturellement l'une des préoccupations majeures du GSCF. L'association nordiste a apporté en Haïti cinquante potabilisateurs d'eau familiaux et individuels. Samedi, c'était au tour du camp du parc Alfred d'être équipé. Depuis le séisme, 120 familles survivent ici, au bord de la Nationale. « La semaine dernière, on a eu quatre ou cinq cas de choléra. Les gens ont dû être hospitalisés », explique Thermitus, 26 ans, le responsable du camp, de la mélancolie plein les yeux.

La source la plus proche se trouve à dix minutes de marche. Elle est probablement contaminée, elle aussi. Les potabilisateurs, comme les savons et les jeux pour les enfants, ont donc été accueillis avec un grand soulagement.

Patiemment, les quatre membres du GSCF, aidés par leurs partenaires locaux de l'Organisation des jeunes unis (OJU), ont installé ces bacs de décantation dans les tentes et expliqué à leurs occupants leur fonctionnement.

Dans les canalisations

Depuis l'arrivée du choléra, les bénévoles distribuent régulièrement dans les camps des appareils de production de chlore et des conseils de bon sens. « Il faut se laver les mains à la sortie des toilettes, faire bouillir les aliments et couvrir les plats contre les mouches », rappelle Emmanuel Marien, président de l'OJU.

Mais le choléra ne se cantonne pas aux camps de réfugiés. Il se cache partout, jusque dans les canalisations. Fin mai, 64 habitants de Carrefour ont été contaminés en buvant l'eau du robinet soi-disant traitée. Deux sont morts. Et encore, peu d'Haïtiens ont la chance de recevoir l'eau à domicile. Les autres s'alimentent directement dans les sources qui jaillissent de la terre. Ainsi, les habitants d'une partie de Carrefour viennent remplir leurs bidons à Ti-Source.

Mais ils sont des centaines, chaque jour, à se baigner et à laver leur linge dans le même bassin. Un paradis pour les bactéries, à commencer par le choléra.

Le GSCF et l'OJU préparent donc un projet d'aménagement du site. Mais tout dépendra des dons qui, eux, ne tombent pas du ciel. • SYLVAIN DELAGE, EN HAÏTI

Pour faire un don, écrire sans affranchir à GSCF - Libre réponse 78 505 - 59659 Villeneuve-d'Ascq - www.gscf.fr 1. Le GSCF (Groupe de secours catastrophe français) est une association humanitaire basée à Villeneuve-d'Ascq et présidée par Thierry Velu, pompier professionnel à Étaples.

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