Le Nord - Pas-de-Calais n'a pas abandonné Haïti

SOLIDARITÉ Près de deux ans et demi après le terrible séisme qui a fait plus de 200 000 morts en Haïti, une association basée à Villeneuve-d'Ascq est retournée sur la petite île des Caraïbes. Pendant une semaine, quatre bénévoles du GSCF (1) sont allés à la rencontre des sinistrés dans les camps. L'occasion de prendre le pouls d'un pays rongé par la misère et le choléra.


Le Nord - Pas-de-Calais n'a pas abandonné Haïti
Dans un brouillard de gaz d'échappement et de klaxons, le pick-up de l'association fonce sur les boulevards défoncés de Port-au-Prince. Entre deux camions aux peintures multicolores, une image furtive : celle d'un homme en caleçon qui se lave dans le caniveau, sous une énorme publicité pour des « fenêtres en alu ». Lui n'a probablement pas de maison. Comme des milliers d'Haïtiens, il vit sûrement dans un de ces camps sporadiques qui s'étalent entre les bâtiments précaires, comme autant de vestiges de ce fameux 12 janvier 2010.

Du bois et des bâches

Les quatre bénévoles du GSCF et leurs partenaires locaux de l'Organisation des jeunes unis (OJU) descendent devant un bâtiment en partie détruit, sur le Champ de Mars. C'est un ancien théâtre, à l'abandon depuis le séisme. Comme il n'a plus de travail, « Monsieur Joël », son directeur, a pris la gestion du camp Rex qui s'est installé sur son terrain avec 75 familles.

« Voici ma tente. Elle est construite avec du bois et des bâches », explique Monique Génesté, une femme souriante et dynamique de 42 ans. Elle vit avec son fils de 11 ans dans cet abri surchauffé par les 35 °C ambiants. Tous deux ont survécu au « douze », comme disent les Haïtiens. « Ma maison s'est effondrée, ainsi que l'institut où je travaillais comme secrétaire. On a perdu 27 étudiants et deux professeurs. » Depuis, Monique n'a pas retrouvé de travail. Alors elle survit, comme beaucoup de sinistrés, en vendant des denrées sur le trottoir. « Je veux m'en sortir et redevenir une femme comme avant », souffle-t-elle.

Mais la situation évolue si lentement... Certes, plusieurs camps ont disparu du Champ de Mars et des abords du palais présidentiel en ruine. Le gouvernement a payé les réfugiés pour qu'ils déménagent dans des logements reconstruits à la va-vite. Mais ça ne règle pas le problème du sous-emploi, qui touche plus de 60 % de la population. Ni du choléra. Cette maladie sournoise s'est répandue dans de nombreux points d'eau depuis le séisme. Dopée par l'insalubrité générale, elle aurait déjà fait près de 7 000 morts, selon le quotidien haïtien Le Nouvelliste.

Le camp du parc Alfred n'a pas été épargné. « La semaine dernière, on a eu quatre ou cinq cas de choléra ici. Ils ont dû être hospitalisés. Il y avait des enfants parmi eux », déplore Thermitus, 26 ans, le responsable du camp.

Pénurie de dons

Les sinistrés n'ont pourtant pas d'autre choix que de s'approvisionner à la source voisine, dont l'eau n'est pas traitée. Le GSCF a donc acheminé en Haïti une cinquantaine de purificateurs d'eau individuels et familiaux. Ces appareils de traitement ont été accueillis dans les camps avec enthousiasme, tout comme les moustiquaires, les savons et les jouets pour les enfants.

L'idéal serait de régler le problème à la source. Dans le quartier de Ti-Source, dans la banlieue de Port-au-Prince, les habitants viennent remplir leurs bidons dans un bassin où d'autres se baignent et lavent leur linge. « Il faudrait au moins séparer la source des autres bassins », constate Thierry Velu, président du GSCF et pompier professionnel à Étaples, qui effectuait sa 13e mission en Haïti. Une canalisation et une station de traitement pourraient être aménagées à terme. Mais il faudra trouver des financements, alors que les dons pour Haïti se sont taris depuis deux ans. Malgré ses appels, le GSCF n'a pas reçu un seul centime pour le pays depuis plusieurs mois. •

EN HAÏTI, SYLVAIN DELAGE
La Voix du Nord



1. Le GSCF (Groupe de secours catastrophe français) est une association humanitaire composée en majorité de sapeurs-pompiers.

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