Le policier recueille une SDF, le 115 refuse de la prendre en charge

Publié le 13 février 2014


Le 115 est saturé. Depuis plusieurs années, maintenant, le Samu social n'a plus assez de places pour accueillir les sans domicile fixe. Les interlocuteurs de ce numéro d'urgence se trouvent régulièrement à répondre par la négative à des personnes qui les appellent au secours. Des « non » qui suscitent régulièrement l'incompréhension et la colère.

 

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ton est ainsi monté entre un policier du commissariat des Lilas et l'une des interlocutrices du 115. Cette dernière, sans hébergement disponible ni possibilité d'action à une heure tardive de la nuit, aurait fini par lâcher à l'agent au sujet d'une femme sans domicile fixe : « Elle peut mourir, ce n'est pas mon problème. Occupez-vous de faire votre travail et moi le mien. »

Vers deux heures et demie, une SDF âgée d'une quarantaine d'années est en effet arrivée au commissariat, frigorifiée. « Elle ne demandait rien, comme c'est d'ailleurs souvent le cas. Tous les SDF qui échouent ici, il nous arrive de les garder plutôt que de les laisser mourir de froid », explique le policier. Une réalité qui n'est plus possible depuis les attentats et le niveau Vigipirate poussé à son comble. Pour des raisons de sécurité, une circulaire émanant du ministère de l'Intérieur interdit de garder et de surveiller des personnes libres dans les locaux de police.

L'agent dit s'être fait rabrouer

L'agent de police a donc composé le numéro d'urgence où l'interlocutrice lui a vertement opposé sa fin de non-recevoir. « Pourquoi nous dit-on qu'il faut appeler le 115 en période hivernale, qui plus est de grand froid, pour les personnes à la rue ? Il faudrait plutôt dire que c'est inutile, qu'il n'y a pas de place. Que serait-il arrivé à cette femme si elle avait appelé elle-même le 115 et était restée dans la rue face à cette même réponse négative ? Je pense que la vie d'une personne doit être davantage prise au sérieux », tance le policier qui a finalement gardé la femme dans ses locaux.

Au 115, l'interlocutrice qui a laissé une trace de sa conversation houleuse avec le fonctionnaire ne mentionne pas ses débordements verbaux. Elle évoque « l'arrogance » du policier. « Il m'a parlé sur le même ton que si j'étais une personne qu'il avait interpellée. Et je lui ai dit que me prendre de haut, comme tenter de me culpabiliser ne changeait rien au fait que le 115 n'a aucune place pour une personne isolée au beau milieu de la nuit », ajoute-t-elle.

Face à la pénurie de place, le 115 est contraint de gérer les priorités. Et parmi celles-ci, les familles avec enfants ou encore les femmes victimes de violences conjugales. « Même cela ne peut pas toujours être respecté faute de places. Pour la seule journée de lundi 19 janvier, parmi les demandes reçues, une centaine de cas n'ont pas pu être mis à l'abri. Soit trente-huit hommes ou femmes isolés, douze couples sans enfant et le reste des familles dont vingt-huit avec des enfants », déplore-t-on au 115 où on juge cependant indispensable que les gens continuent à appeler « pour établir un état des lieux le plus précis des nécessités et apporter des solutions adéquates ».

Thierry VELU, le président fondateur du GSCF, dénonce régulièrement cette situation inadmissible et l'inaction des politiques . Son discours, illustré dans son ouvrage "La rue: Une réalité"

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Source Le Parisien   le 26 janvier 2015



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