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Les enfants soldats dans les conflits en Afrique Centrale


Les enfants soldats dans les conflits en Afrique Centrale
L’Afrique centrale depuis des décennies, est sempiternellement en ébullition. Rares sont les pays de cette région qui n’ont été affectés par des conflits armés internes, opposant rebelles et armées régulières, et exposant leurs populations à des souffrances atroces. Du Tchad à la *RDC en passant par la Centrafrique, l’Ouganda, le Burundi, le Rwanda…

Chaque pays a connu sa période de désastre humanitaire. Certains malheureusement restent encore en proie à ce traumatisme, comme la RDC et le Tchad. Même si souvent, les moyens mobilisés par les parties au conflit sont dérisoires, tant militairement que financièrement, ils indignent sur certains de leurs aspects. A part les ressources naturelles du pays qui sont exploitées pour soutenir l’effort de guerre de part et d’autre, c’est surtout le rôle des enfants dans ces accrochages qui ne peut laisser indifférent.

D’après le rapport d’Amnesty International sur la participation des enfants dans la guerre en RDC, les plus jeunes auraient 7ans et seraient directement utilisés au front. De nombreuses recherches sur le rôle des enfants dans ces conflits révèlent qu’ils sont entrainés juste une semaine ou deux, avant d’être envoyés au front. Ils peuvent aussi jouer des rôles très variés sur un théâtre de guerre : porteurs d’eau, de nourriture, de munitions, messagers, espions… Les filles sont pour leur part prises comme concubines dans un premier temps, avant de finir par prendre les armes quand les troupes commencent à subir d’énormes pertes. Ces enfants subissent beaucoup de maltraitances et sont exposés à la drogue et à l’alcool. La plupart de ces âmes innocentes sont enrôlées de force. Certains rejoignent volontairement les rangs des rebelles, en quête de protection, ou comme moyen d’échapper à une indigence extrême. Entre autre motif pour rejoindre les milices, c’est la volonté de venger sa famille ou son groupe ethnique, ou encore de servir la communauté tout simplement.

Jusqu’en Juin 2003 au moment du lancement du programme national de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) en RDC, sur 150000 combattants on pouvait compter environ 30000 enfants. La banque mondiale impliquée dans ce programme publiait en 2004 que « les enfants soldats représentaient au moins 20% des forces combattantes en RDC ».

En Ouganda par exemple, des milliers d’enfants ont été kidnappés par l’armée de résistance du seigneur (LRA), qui combat les forces régulières du gouvernement depuis plus de 20ans. Ces enfants ont pris part malgré eux, dans leur grande majorité, aux hostilités. Leur nombre serait d’à peu près 30000 selon l’ONG World Vision.

Le recours à cette catégorie de combattants s’explique par leur docilité et la froideur qu’ils affichent dans l’accomplissement des actes de grande cruauté. En effet, la candeur de ces enfants limite leur distinction du bien et du mal, de même que leur fragilité les rend moins enclins à la sédition et garantit souvent leur obséquiosité totale envers les seigneurs de guerre. Dès lors, les risques de fronde, caractéristiques de tout groupe rebelle- par nature sujet aux dissensions internes et dont les chefs doivent passer plus de temps à réprimer les velléités insurrectionnelles dans leur propre camp, qu’à diriger des opérations militaires contre l’ennemi d’en face- sont totalement nuls. C’est sans doute ce qui continue d’alimenter l’enrôlement des enfants mineurs dans les rangs des organisations paramilitaires.

Mais plus dur encore est ce que la guerre laisse chez ces enfants. Une fois les hostilités terminées, les séquelles elles peuvent être trainées sur une longue durée, parfois toute une vie. La durée moyenne d’un programme de DDR pour porter ses fruits est de 10 à 15 ans, et 51% seulement de ces enfants peuvent effectivement réintégrer le tissu social et retrouver une activité normale quand le programme est bien financé.

Le reste retombe dans la petite délinquance et grossit la pègre. L’insécurité augmente considérablement, car la circulation des armes légères n’est jamais complètement éradiquée, quelles que soient les incitations. La crainte d’une résurgence des affrontements ou le projet d’un usage ultérieur dans des actes de brigandage trottant toujours dans les esprits.

Enfin, c’est tout une génération d’élite potentielle qui peut être sacrifiée, car les anciens enfants soldats récupérés par ces programmes ne feront plus de grandes études à leur âge. Tout au plus, pourraient-ils encore exceller dans l’apprentissage de petits métiers manuels ou de services, bien loin des têtes pensantes dont leur pays a besoin pour relever le défi du développement.

Pour le GSCF
Mérick Freedy ALAGBE

*République Démocratique du Congo



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