Les yeux fermés !


Communiqué de presse du GSCF Villeneuve d’Ascq le 24 août 2009

Les yeux fermés !

Hormis le journal du Monde.fr et le communiqué de l'AFP, très peu d'articles dans la presse relatent le périple de ces 73 candidats à l'exile, morts pour la majorité d'entre eux dans l'indifférence et dans d'atroces souffrances (déshydration, soleil de plomb le jour et froid la nuit).

Au risque de mourir, ces érythréens, partis de Tripoli en Libye le 28 juillet, avaient pris la mer, barqués sur un bateau de 12 mètres afin de vivre dans un monde meilleur, pensaient ils...

Par manque de carburant, leur embarcation a dérivé pendant plus de vingt jours. Seuls cinq survivants, dans un état grave, ont rejoint, le jeudi 20 août, les côtes de l'île de Lampedusa (Italie). "Nous avons jeté les cadavres par-dessus bord, a raconté l'un d'eux (Habeton, 18 ans).

Nous avons croisé au moins dix navires, seul un bateau de pêcheurs s'est arrêté pour nous donner des vivres et de l'eau."

Les circonstances de cette tragédie - l'une des plus graves depuis la disparition de 300 personnes à Noël 1996 - ont été jugées "alarmantes" par Laura BOLDRIMI porte-parole du Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR). "Tout se passe comme si la peur prévalait sur le devoir de porter assistance en mer", a-t-elle déclaré. "Quand on pense que le canal de Sicile est totalement surveillé, cela veut dire que ce bateau a été abandonné à son destin", accuse Chistopher HEIN, responsable du conseil italien pour les réfugiés.

Le quotidien de la Conférence des évêques italiens, Avvenire, dénonce "la loi du non-voir", et ose un parallèle avec les convois de déportés organisés par les nazis : "Quand, aujourd'hui, nous lisons les récits sur les déportations des juifs sous le nazisme, nous nous demandons : ces convois plombés, les voix, les cris dans les gares de transit, personne ne les voyait ou ne les entendait ? A l'époque, c'était le totalitarisme et la terreur qui faisaient fermer les yeux. Aujourd'hui, non. Une indifférence tranquille, résignée, peut-être même une aversion gênée...
"
Si ce drame reste inadmissible, il est pour ma part important de travailler en amont pour éviter dans les prochaines années des exodes massifs pour fuir, la famine, les conflits, la pauvreté, les changements climatiques.

L'assistanat des populations en souffrance doit arrêter pour que prennent place de nouvelles politiques de développement, d'apprentissage dans la perspective d'actions autonomes.

"Si tu donnes un poisson à un homme, il se nourrira une fois. Si tu lui apprends à pêcher, il se nourrira toute sa vie". - Kouang-Tseu (4ème siècle avant JC)

Thierry VELU
Président-Fondateur
du GSCF



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