Monique, une réfugiée du camp Rex, veut « redevenir une femme comme avant »

EN DIRECT D'HAÏTI (2) | La mission du GSCF (1), que nous suivons pendant une semaine en Haïti, est entrée dans le vif du sujet jeudi matin, au lendemain de son arrivée sur l'île des Caraïbes.


Monique, une réfugiée du camp Rex, veut « redevenir une femme comme avant »
Les quatre pompiers ont commencé par un briefing avec leurs partenaires locaux de l'Organisation des jeunes unis. Et le ton n'était pas des plus optimistes. « Ça fait sept mois que l'on ne vous a pas vus. Ca fait longtemps, mais c'est très dur pour nous budgétairement », résume Thierry Velu, président du GSCF. Pour la première fois, son équipe est venue sans médecin, ni médicament : « On entre dans une phase de développement plus que d'urgence », précise-t-il. Il sait aussi que les dons en faveur d'Haïti se font rares, pour ne pas dire inexistants. Deux ans et demi après le tremblement de terre qui a fait plus de 200 000 morts, l'intérêt médiatique est retombé en France. Et la plupart des associations humanitaires sont reparties.

Tragédie au quotidien


Pourtant, peu de choses ont changé ici. Les naufragés du séisme du 12 janvier 2010 - que tous les Haïtiens appellent « le douze » - vivent encore dans les camps élevés à la hâte, dans des conditions dignes du quart-monde. A deux pas de l'ambassade de France, le camp Rex est géré par « Monsieur Joël ». Il a dirigé pendant vingt ans le théâtre voisin, en grande partie détruit. Aujourd'hui, la seule pièce qu'il met en scène quotidiennement est une tragédie que vivent 75 familles dans des cabanes surchauffées.

Monique occupe l'une d'elles avec son fils de 11 ans. Avant « le douze », elle était secrétaire de direction. Puis tout s'est effondré : sa maison et son institut, avec les 23 étudiants et les professeurs qui s'y trouvaient. « J'étais sur la route quand il y a eu le séisme, explique cette femme dynamique de 42 ans. Heureusement, j'étais avec mon fils. » Depuis, elle tente de remonter la pente. Mais il n'y a plus de travail. « J'ai déposé des CV partout. Je demandais juste un boulot d'aide ménagère... » Trop luxueux pour Haïti.

Alors elle fait comme tout le monde. « Dernièrement, j'ai acheté du savon et du dentifrice pour le vendre sur le trottoir. » Les rares supermarchés, dont les entrées sont gardées par des agents armés, ne sont plus réservés qu'aux élites.

Pour atténuer la dureté de la vie, le GSCF a apporté moustiquaires et purificateurs d'eau pour enrayer les risques de choléra, une maladie endémique en Haïti depuis le séisme. Demain, ils reviendront avec une nouvelle tente pour Monique. C'est son seul souhait. A part celui de partir. « Je veux redevenir une femme comme avant. » L'espoir viendra peut-être du gouvernement. Près du palais présidentiel en ruines, plusieurs camps ont fermé ces dernières semaines, sous l'impulsion du nouveau Président de la République haïtienne. L'État a demandé aux réfugiés de partir, en leur donnant un pécule et l'équivalent d'un an de loyer dans des logements reconstruits. Mais les sceptiques disent que cela ne fait que déplacer le problème. •

GSCF - BP 80222 - 59654 Villeneuve-d'Ascq - www.gscf.fr 1. Le GSCF (Groupe de secours catastrophe français) est une association humanitaire basée à Villeneuve-d'Ascq et présidée par Thierry Velu, pompier à Étaples.


À HAÏTI, PAR SYLVAIN DELAGE
La Voix du Nord






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