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Nord: Les migrants ont-ils été logés au détriment des SDF?

08/11/2016 Journal 20 minutes


SOCIÉTÉ La préfecture du Nord vient de dévoiler son «plan hiver» pour les personnes démunies…
 

« Que fait le gouvernement pour nos SDF ? ». C’est un commentaire que l’on a souvent vu au bas des articles consacrés au démantèlement de la « Jungle » de Calais. Et justement, la préfecture du Nord a dévoilé, dimanche, son plan hiver pour les personnes démunies.

Les moyens déployés pour héberger les milliers de migrants de Calais l’ont-ils été au détriment de la mise à l’abri des SDF ?

12.400 pour les SDF, 400 pour les migrants

Selon la préfecture, huit Centres d’accueil et d’orientation (CAO) ont été ouverts dans le Nord pour les migrants de la « Jungle ». Cela correspond à environ 400 places, lesquelles ne sont d’ailleurs pas toutes occupées. En ce qui concerne les SDF, les services de l’Etat annoncent qu’il existe dans le Nord 11.900 places « d’hébergement et de logement adapté ouvertes toute l’année », un chiffre auquel il faut ajouter « 500 places supplémentaires de mise à l’abri ».

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Si le préfet du Nord met l’accent sur l’augmentation du nombre de lits pour les SDF, les associations, elles, affirment que ce n’est pas suffisant. « Comment se fait-il que l’on ait trouvé 7.000 places pour les migrants en si peu de temps alors que des personnes dorment toute l’année dehors », s’interroge Thierry Velu, président du Groupement Secours Catastrophe Français (GSCF), pointant du doigt un manque de volonté politique.

« Les SDF, on ne les voit même plus »

 Un point de vue partagé par Patrick Lestunff, directeur du pôle accueil de l’ABEJ à Lille. « Les migrants, c’est un problème qui se voit et face auquel les politiques se devaient d’agir. Pour les SDF, c’est différent. On ne les voit même plus », se désole-t-il.

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« Les gens doivent être relogés, qu’ils soient migrants ou SDF. C’est le message que nous a fait passer le gouvernement même si c’est compliqué dans les faits », assure Mireille Charonnat, vice-présidente de la FNARS Hauts-de-France (Fédération d’associations de solidarité). En effet, le manque de places pour les SDF est récurrent. « Il faut compter trois mois d’attente pour avoir un hébergement, un peu moins longtemps en hiver », estime Patrick Lestunff.