Association humanitaire de sapeurs - pompiers


Pour un changement de la prise en charge des personnes à la rue


Aujourd'hui plus que jamais, le GSCF se voit dans l'obligation de demander des mesures concrètes avant les élections présidentielles de 2017.

Dans l'objectif d'être un acteur du changement pour les personnes SDF, nous déposerons auprès de Madame la Ministre du Logement nos demandes que vous trouverez ci-dessous (dossier de presse ).

Sans réponse réelle et faute d'écoute, Thierry VELU, Président du GSCF se rapprochera des candidats à l'élection présidentielle pour tenter de changer la prise en charge des personnes à la rue.

Même si nous sommes conscients que le zéro SDF est totalement utopiste et irréalisable, il est aujourd'hui possible de trouver des solutions mais encore faut-il vouloir agir et être conscient de la situation. Nous trouvons de plus en plus de femmes en grande précarité ou des personnes qui travaillent.

Nous lancerons prochainement des actions sur les réseaux sociaux et comptons sur la mobilisation des internautes pour nous soutenir et partager nos demandes.
 

Propositions et demandes
 
La persistance et l’aggravation du phénomène montrent bien que notre société ne parvient pas à traiter véritablement l’exclusion. Alors, que faire ?
 
Certes, il n'existe aucun remède miracle et chaque personne à la rue reste un cas unique, même si bien souvent les motifs de l’exclusion demeurent souvent identiques, en tous les cas catégorisables, identifiables et définis pour la plupart d’entre eux.
 
Aucun gouvernement ne semble avoir travaillé à ce jour pour traiter le problème des SDF à la racine, ceci causant un engorgement des centres d'hébergements pour les personnes en grande précarité qui devraient être prises en charge.
 
Pour désengorger les centres, des mesures ont été mises en place en limitant la durée d'hébergement et ainsi remettre à la rue une personne sans se soucier de son avenir, allant même jusqu’à oublier que la personne que nous mettons à la rue est un être humain, avec un cœur et des pensées. Comment sortir de la rue dans de telles conditions et reprendre confiance en la société ? Imaginez l'état psychologique de cette personne livrée à elle même, chaque jour étant un combat pour survivre… 
 
Le système est inefficace, et tout ce qui est fait pour le consolider renforce cette inefficacité, voire cette incompétence.
 
Renforcer les mesures d’hébergement : La France, parmi d’autres points, se distingue par la diversité mais aussi l’inutile complication de son offre de prise en charge dans les différents types d’hébergements. Il demeure primordial de rationnaliser l’attribution des prises en charges et de disposer en la matière d'un cadre clairement défini pour les hébergements d'urgence, de résidences alternatives et autres. En clair, il faut éviter le court séjour et privilégier du long terme, notamment après un hébergement d'urgence.
 
Agir en amont : Nous devons également penser au-delà de l’hébergement. Il faut interrompre l'hémorragie de la mise à la rue en mettant en place une agence nationale qui prendrait immédiatement en charge les personnes à risque et/ou susceptibles de se retrouver à vivre dehors et ainsi éviter les ruptures qui conduisent à une telle exclusion : expulsions de locataires honnêtes vivant une situation imprévisible, passage dans des institutions (prisons, hôpitaux), perte d’emploi, séparation...
 
A ce jour, nous pouvons comparer les acteurs sociaux aux pompiers qui épuiseraient une maison inondée sans penser à fermer préalablement le robinet... Il faut couper l'arrivée des sans-abri en amont, au niveau des accidents de la vie.

Changer la bureaucratie :  Les personnes SDF demeurent dans la catégorie des personnes les plus fragilisées de notre société et la France a réussi à mettre en place un système des plus complexes de prise en charge… Les services se croisent, les compétences se chevauchent entre Etat, départements, mairies, associations, et autres organismes...
 
L'idée de l'agence nationale précédemment évoquée permettrait de donner une cohérence en instaurant une hiérarchie dans le système, un « qui fait quoi et qui gère quoi ».
 
Dans certaines villes, l'aide aux sans-abri peut être démultipliée entre le Samu social et les nombreuses associations : un sans-abri peut parfois voir surgir plusieurs associations dans sa journée pour lui proposer une couverture, un café,... sans trouver de solution à son problème. Sans parler de ceux qui sont totalement oubliés suivant le lieu où  ils se trouvent.
 
Ce manque de coopération, voire cette anarchie, relève d'un manque d'informations et de moyens mis à disposition des associations. Il n'est aucunement question de s’immiscer dans la gestion des associations mais une agence ou un serveur internet permettrait aux structures d'échanger sur leurs actions et sur les personnes rencontrées, et surtout d’aider plus efficacement en partageant le travail et les moyens. Il reste important que les mairies soient informées des actions en cours dans l’objectif d’ensemble essayer de réduire le nombre de personnes SDF.
 
Résoudre les incohérences du Samu social : le GSCF, mais aussi d’autres acteurs comme Médecins du Monde ou Mediapart, ont constaté des dysfonctionnements dans la prise en charge du 115 :
Une personne sur deux n'a pas été prise en charge en décembre 2012 par le 115 (Source : Fnars, Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale). En novembre 2012, plus de deux tiers des appels (71 %) n'avaient alors pas débouché sur un hébergement. Les familles représentaient, pour la première fois, plus de la moitié des appels. Or, on sait bien que la plupart des centres ne peuvent pas répondre aux demandes des familles. 
 
Dans nos maraudes, nous avons été surpris de trouver des incohérences notamment dans le refus du 115 de prendre en charge des personnes par manque de place alors que des places sont disponibles. Une enquête de mars 2012 de « Médecins du monde », rejoignant nos constations, traite de l’origine des refus d’accueil du 115 pour autre motif que l'absence de places et mentionne que « parmi les raisons les plus fréquemment évoquées, on trouve :
 
- La personne a « épuisé son quota de nuits », 29%
- La personne est « connue pour des problèmes de comportement » (alcool, etc.), 9%
- La personne a un chien, 3%
- La personne est en situation irrégulière, 9%
- La personne « n’a pas rappelé, ne s’est pas présentée la fois dernière ou a déjà refusé une place une fois », 14%
- « n’a pas appelé le 115 depuis plus d’un mois », 3% (car sans rappel, on ne figure plus sur les listes)
- « nom inconnu sur les listes du 115 », 3%
 
Le GSCF n’est pas le seul à avoir constaté des dysfonctionnements ; ainsi, un post récent sur le blog de Médiapart en faisait état également : la difficulté de joindre un permanencier (20 minutes d’attente…), puis, une fois que l’appel est pris, de nouveau une attente imposée, étant allée dans le cas relaté jusqu’à 1h15 (appel pour la prise en charge d’une jeune femme enceinte, à la rue avec son enfant de 2 ans) ; fermeture à 17 heures de certaines structures jouant un rôle dans l’acceptation d’une personne dans un centre d’accueil (assistante sociale par exemple).
 
Responsabiliser les personnes sans-abri : arrêter d’infantiliser les personnes à la rue pour mettre en place une confiance mutuelle ;
 
Procéder à une évaluation des services : proposer aux personnes sans-abri des questionnaires de satisfaction concernant les établissements médico-sociaux et les services d’urgence ;
 
Agir de façon pérenne : mettre en place des mesures d’accompagnement pour aider les personnes sans-abri à se réinsérer et à retrouver emploi et logement.
 
Le système de l'aide aux personnes SDF doit être totalement revu et corrigé en France, la première des mesures étant la mise en place de moyens en amont afin d'éviter qu'une personne se trouve confrontée à la rue sans avoir espoir d'un retour à une vie normale.
 
Le point le plus important reste le logement accessible aux plus démunis tout en évitant l'assistanat. En effet, il est primordial de trouver des solutions d'aide en proposant une réinsertion et un travail en échange d'un logement et de ressources. Nous devons mettre un terme à l'assistanat. Pensons à ce proverbe de Lao Tseu : « Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours ».
 
L'assistanat n'a jamais résolu les problèmes de notre société, bien au contraire,  il entretient la misère et provoque chez certains citoyens le mépris de la facilité de l'aide.
 
Autre objectif à viser : trouver des mesures pour redonner confiance aux personnes à la rue.
Dans la masse des personnes à la rue, il faut savoir que certaines y sont depuis bien longtemps, trop longtemps. Ces personnes refuseront d'être aidées, et préfèreront la rue à l'hébergement. La personne SDF, qui subit depuis des années les difficultés des services de l'Etat, développera une argumentation reposant sur des théories très critiques vis-à-vis du système de prise en charge. Il ne faut donc pas négliger l’importance du temps de discussion, d’échange, à passer afin de permettre l’instauration d’une relation de confiance, qui seule permettra à la personne sans domicile de retrouver confiance dans ce que l’on peut lui proposer.
 
D'autres personnes, mais plus rares, ont fait le choix volontairement de se détacher de la société, mais pour ceux qui attendent une aide et souhaitent s’en sortir, il est grand temps de changer et de réformer notre système. 
 
Il reste important que l'Etat se modernise dans une optique de prise en charge des personnes SDF s’inscrivant dans une véritable logique de service public. Pour ce faire, il est important de notamment s’attacher à mettre en place des standards minimaux, à la fois de prise en charge et de qualité de service. Il s’agit d’assurer un accueil digne aux sans-abri…
 
Propositions urgentes et demandes

Prise en charge des primo arrivants : Un accident de la vie peut arriver à chacun d’entre nous, qu’il soit d’ordre financier, familial ou autre. Il est urgent d’éviter la rue et de mettre en place une plateforme d’appels répartie en région et permettant de trouver immédiatement une solution d’accueil pour éviter la rue. Nous savons très bien qu’une personne, après 6 mois d’errance, peut trouver des difficultés à sortir de la rue.
 
Accueil par des familles : La prise en charge par une famille d’une personne primo-arrivant doit être également étudiée. La mise en place de familles d’accueil est pour notre part à étudier, la famille d’accueil pourrait être rémunérée par l’Etat. L’accueil devra être constructif avec des objectifs à atteindre, qu’ils soient d’ordre professionnel ou thérapeutique. Une prise en compte de la personne par un membre de la famille, formé et agréé, permettrait d’éviter la rue à de nombreuses personnes mais aussi de créer des emplois.
 
Nos demandes :
 
Dans l’objectif de travailler rapidement sur des solutions, Thierry VELU demande la possibilité de créer un groupe de travail auprès du Ministère du logement. Ce groupe de travail permettrait de déposer un dossier avant la fin 2016 pour appliquer au plus vite les mesures.
 
Dans le même temps nous demandons :
 
-De présenter l’application mise en place par le GSCF pour venir en aide aux personnes SDF auprès du Ministère du logement et de disposer de son avis officiel. 
 
Nous réitérons nos demandes :
 
-  Intervention à l'Assemblée Nationale
-  Enquête parlementaire concernant la prise en charge des personnes SDF
-  Reconnaissance officielle de l'Etat pour le kit de survie du GSCF
-  Demande de concertation pour trouver des solutions et en remettre le rapport au Chef de l'Etat.
 
Pour le GSCF
Dossier réalisé par Thierry VELU
Président –Fondateur du GSCF
 
Mise à jour le 2 septembre 2016
 
 
 
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