Sans abris : Quand les médias nous manipulent

Publié le 21/01/2017


Mensonge : En hiver, les médias se rappellent du marronnier super vendeur concernant les  SDF: ainsi, les journalistes de France 2 et Europe 1 ont décidé d'ouvrir le troisième débat de la primaire de la gauche en demandant aux sept candidats s'ils s'engageaient, comme Lionel Jospin autrefois, à réduire le nombre de SDF à zéro à la fin de leur mandat. En guise d'introduction au sujet, la journaliste Léa Salamé a évoqué trois hommes: Sébastien (46 ans), Fred (48 ans) et Jean (66 ans), tous morts la semaine dernière dans les rues de Calais, Arcueil et Drancy. Puis au moment d'interroger Benoît Hamon, elle a insisté gravement sur un fait : «l'année dernière, 454 SDF sont morts dans la rue», laissant aux candidats et aux spectateurs l'occasion de mesurer ce funeste bilan, le temps égoïstement de pleurnicher.

Malheureusement, si le nombre cité par la journaliste peut paraître immense, il est bien en dessous de la réalité.
 
Vérité : Ce chiffre a sûrement été trouvé sur le site du Collectif Les Morts de la Rue. Le GSCF a notamment déjà dupliqué la liste pour tenter d'alerter le gouvernement.

Ainsi pour l'année 2016, on retrouve les trois personnes citées par la journaliste, oubliant les mentions et alertes de l'association au sujet des nombres de décès par année  «ces listes ne sont en rien exhaustives» puisqu'il s'agit uniquement de signalements et indiquent qu'«en 2016, au moins 452 personnes "SDF" sont mortes à 49 ans en moyenne. Ce nombre n'est pas le "chiffre de l'année". Ils sont probablement 6 fois plus». Pour avoir une estimation du nombre annuel de décès, l'association recommande de se référer à l'enquête épidémiologique «Dénombrer & Décrire».
 
Après avoir apparié ces données avec celles du Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès (Cepidc), le collectif estime que «le nombre réel de décès pour 2015 pourrait être 2838, avec un large intervalle de confiance compris entre 1489 et 4258»Malgré un intervalle large, on remarque que sa valeur minimale est tout de même trois fois plus importante que les «454 morts» évoqués par Léa Salamé sur le plateau du débat.

Ce n'est pas la première fois qu'un journaliste évoque sans précaution le nombre de sans-abri morts.  

Il est temps que les journalistes ouvrent les yeux sur les drames invisibles qui se déroulent sous nos yeux et à nos portes laissant crever des personnes dans les rues et oubliant 30 000 enfants qui ne disposent pas de toit.

 

LES MEDIAS DE MASSE ET LES « TROIS SINGES SAGES »

C'est une ancienne icône sacrée dont la signification originale est « Ne pas voir le Mal, ne pas entendre le Mal, ne pas dire le Mal » alors qu'on le traduit habituellement par « ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire ».

§  Mizaru, cachant ses yeux, ne voit pas le mal.
§  Kikazaru, couvrant ses oreilles, n'entend pas le mal.
§  Iwararu, recouvrant sa bouche, ne dit pas le mal.
 
 Thierry Velu
Président Fondateur du GSCF




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