"Tous les SDF vous le diront, l'hiver, pour nous, c'est l'enfer"

Publié le 19/01/2016


"Les nuits sont très longues", souffle Sébastien, 25 ans, installé sur un trottoir à proximité de la gare Saint-Lazare. Les traits tirés sous sa casquette, le jeune homme a les lèvres tremblantes. "L'hiver je survis, tout simplement", lâche-t-il en entamant le récit de son combat quotidien contre le froid.

Les journées où il s'occupe comme il peut : quelques heures de manche et beaucoup d'autres passées à lire, "au chaud", à la Fnac. Et les nuits, encore plus longues donc, à attendre la fermeture du métro avant de chercher un abri pour dormir. Ou plutôt tenter de dormir, "deux ou trois heures tout au plus" quand les températures, comme en ce moment, descendent sous zéro.

Grâce à un pass qu'il a conservé de l'époque où il faisait du ramonage, celui qui s'est retrouvé sans-abri il y a sept mois, après la fin d'un CDD de cantonnier à Neuilly-sur-Seine et une rupture amoureuse (mais il avait déjà connu deux périodes de rue), parvient à entrer dans les halls d'immeuble.

"J'en change tous les soirs pour ne pas me faire repérer par les habitants", glisse-t-il. Ce précieux sésame, c'est sa meilleure arme contre l'hiver : Sébastien n'a ni duvet ni tente, beaucoup trop rares dans les dons associatifs assure-t-il. Parfois une couverture de survie, mais "elles se déchirent vite".

"Tous les SDF vous le diront : l'hiver pour nous, c'est l'enfer. Là, il se met à faire vraiment froid et je redoute les prochains jours", s'inquiète un peu plus loin Thony, qui fait la manche devant la gare. Lui aussi est jeune sans-abri, mais du haut de ses 29 ans il a déjà une longue expérience de la rue.

"Ici, il y a toujours des bénévoles, le Samu social, la Croix-Rouge ou des organisations musulmanes pour nous apporter un repas chaud le soir. C'est essentiel pour ne pas cailler". Le 115 ? Il le compose parfois, quand "c'est vraiment dur". "Mais il y a toujours beaucoup d'attente pour trouver un hébergement d'urgence, alors ça va plus vite de trouver un local par moi-même..."

"Je remercie la personne qui, la semaine dernière, est venue me donner des boots et une doudoune alors que je dormais dans la rue. Elle m'a sauvé la vie !", lâche en passant Hermino, à peine 40 ans mais des rides que l'on devine creusées sous une épaisse barbe noire. 


Le GSCF vient de lancer sa campagne 2016 pour la distribution des kits de survie aux personnes SDF. Le sac pour adulte représente pour l'ONG humanitaire de sapeurs-pompiers un investissement de plus de 150€, tandis que celui pour les animaux, derniers compagnons fidèles des personnes dans la rue, avoisinent les 60€.

Les maraudes organisées par les bénévoles du GSCF ne sont possibles sans dons financiers du grand public, tant sont rares les collectivités et hommes politiques a ouvrir les yeux sur cette situation d'urgence vitale.



 





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