Connectez-vous S'inscrire

Association humanitaire de sapeurs - pompiers


Un pompier sur cinq souffre de problèmes respiratoires après Fort McMurray

Publié le 18/04/2017 à 17h


Un an après le feu qui a ravagé Fort McMurray (lire), une nouvelle étude menée par l'université d'Alberta dévoile que les pompiers qui ont combattu "la bête" sont nombreux à affronter des problèmes de santé, tant physiques que mentaux.

Les résultats préliminaires de l'étude montrent qu'un pompier sur cinq, sur les quelque 355 interrogés, ont signalé des problèmes respiratoires chroniques, comme de la toux, des essoufflements, une respiration soufflante ou des oppressions thoraciques.

Un pompier sur six rencontre également des problèmes de santé mentale.

L'épidémiologiste qui dirige l'étude, Nicola Cherry, explique que ces résultats ont été recueillis dans les premiers jours après les feux. " Les pompiers pourraient développer des problèmes plus graves au fur et à mesure que le temps passe" , estime-t-elle.

Il s'agit de la première phase de l'étude et Nicola Cherry espère que davantage de pompiers prendront contact avec elle afin de participer à la prochaine étape. L'objectif est de déterminer quels facteurs entraînent des problèmes de santé à long terme lorsque les pompiers de forêts sont sur le terrain et comment ils pourraient être mieux considérés.

 

"Nous ne pouvons pas arrêter que des feux de forêts se produisent, mais nous pouvons nous assurer que nous apprenons toutes les leçons afin que les pompiers ne soient pas mis en danger" , pense Nicola Cherry.

Les participants à l'étude rempliront un sondage et donneront leur consentement afin que les chercheurs puissent consulter leurs dossiers médicaux.

Les résultats pourraient aider les chefs d'équipe à mieux prendre en considération les conséquences néfastes des feux de forêts sur les pompiers, estime Nicola Cherry. Cela pourrait, par exemple, permettre de modifier la durée des quarts de travail pour changer les équipements de protection contre la fumée.

De son côté, Jamie Coutts, un pompier qui a combattu le feu de Slave Lake en 2011 puis celui de Fort McMurray en 2016, dit ne pas être surpris par ces résultats.

D'après lui, les problèmes de santé signalés par les pompiers devraient même être plus élevés, étant donné la difficulté de leur travail.

Après le feu de Slave Lake, la moitié des pompiers de son équipe a cessé de fumer au cours des 2 années qui ont suivi et nombreux sont ceux qui ont signalé des problèmes respiratoires, indique-t-il.

Tandis que les pompiers se préparent à une saison précoce des feux de forêts dans la province, Jamie Coutts croient que beaucoup d'entre eux sont toujours en train d'affronter les souvenirs de feu de l'an dernier.

"Le fait d'être présent dans des zones sinistrées où 2000 maisons sont en train de brûler (à Fort McMurray) et 400 quelques années auparavant (à Slave Lake) peut avoir des effets à long terme sur la santé, ainsi que tous les événements qui se sont passés entre ces deux moments" dit Jamie Coutts, qui craint d'avoir un jour un cancer.

Selon lui, il reste toutefois difficile de penser à sa santé en priorité, une fois sur le terrain. "Vous répondez à l'appel et vous faîtes de votre mieux pour vous protéger, mais en fin de compte, vous mettez littéralement votre vie en jeu pour protéger les gens" conclut-il.

Source: radio canada