2017, année record pour les pompiers du ciel

Sec, l’été 2017 se présente comme une saison record, en ce qui concerne les incendies de forêt dans l’Hexagone, depuis la canicule de 2003.

En Europe, le nombre de feux de plus de 30 hectares a été multiplié par 2.5 par rapport à la moyenne des 9 dernières années, selon Effis, le service d’information de l’Union européenne sur les feux de forêt. “Il faut préciser qu’avec une telle sécheresse, toutes les conditions étaient réunies”, commente Roger Gennaï, chef de la base aérienne de la sécurité civile de Nîmes-Garons (Gard). “Près de 16 000 hectares sont partis en fumée depuis le début de l’année. En 2016, de 10 000 à 11 000 hectares avaient brûlé.”

Outre l’abondance du nombre de foyers éteints (quelque 7900 largages ont été effectués, contre 4500 l’an dernier), la localisation des feux dans le secteur sud-est de la France (entre le Gard, les Alpes-Maritimes et la Corse) est également caractéristique de cette saison 2017.

“Il y avait eu davantage de feux dans les Pyrénées-Orientales et l’Aude les années précédentes, complète Roger Gennaï. Or, nous y avons effectué très peu d’interventions cette année. De même, nous sommes intervenus cet été en Lozère, ce qui n’était pas arrivé depuis plusieurs années.”

Renouvellement de la flotte

Depuis un an à présent, le gros de la flotte des pompiers du ciel est stationné sur le tarmac de Nîmes-Garons, à une heure de route de la base historique de Marignane, près de Marseille. “Le déménagement n’a pas impacté nos interventions, précise Roger Gennaï. Nîmes et Marseille sont distantes, en avion, de 10 ou 12 minutes. La règle est que, une fois l’alerte donnée, l’avion doit avoir décollé dans les 30 minutes. Or les conditions matérielles ici sont meilleures qu’à Marignane”.

Une analyse un peu différente de celle des pilotes (au nombre de 73), qui, durant l’été, avaient dénoncé, via leur syndicat, l’existence d’une seule piste de décollage dans le Gard contre 2 dans les Bouches-du-Rhône, ce qui pouvait poser problème en cas d’immobilisation d’un appareil sur la piste de départ.

Comme leurs collègues au sol, les pompiers du ciel ont été mis à rude épreuve cette saison. Leur syndicat revendique la création de 9 postes “pour opérer sereinement”. L’an prochain, une partie de leur flotte devrait être renouvelée. Les 9 Tracker devraient être remplacés par 6 appareils à plus forte capacité d’intervention.

“Nous allons faire l’acquisition d’avions multirôles, souligne Jean-François Moniotte, le chef du bureau des moyens aériens à la Direction générale de la sécurité civile. Ils permettront à la fois de lutter contre les flammes mais également de transporter du matériel et des hommes sur des opérations en outre-mer ou à l’étranger.”

 

Source: le figaro