Association humanitaire de sapeurs - pompiers

Chaleur et pollution extrême: Dehli suffoque

Publié le 16/06/2018 à 7h25


Jamais de répit pour Dehli: déjà brûlée par la lourde chaleur estivale, la capitale indienne a ces jours-ci la gorge irritée par un brouillard de poussière inhabituel pour la saison, qui rend un peu plus invivable cette ville parmi les plus polluées de la planète.

New Delhi présente cette semaine une vision de cauchemar. Une épaisse brume à l'odeur âcre jette un voile sur le ciel et les rues, réduisant le soleil à une étoile pâle. Il fait parfois sombre en plein jour.

A l'intérieur des bâtiments, une pellicule de sable se dépose sans cesse sur les surfaces. La qualité de l'air atteint des niveaux exécrables et dangereux pour la santé. Ici, la pollution n'est pas un phénomène abstrait: elle se ressent physiquement.

"A cause de cette pollution, je n'arrive pas à respirer proprement. La poussière me rentre dans les yeux et je peux sentir une sensation de brûlure" décrit un habitant. 

De telles scènes sont familières en hiver dans cette mégapole d'une vingtaine de millions d'habitants, lorsque le froid plaque au sol les polluants d'origine humaine. Elles sont cependant peu communes au mois de juin, l'un des plus chauds de l'année et où le mercure peut dépasser les 45°C.

A cette période, l'air est relativement plus sain, soulageant les habitants d'un des nombreux fléaux qui affectent cette gigantesque agglomération urbaine. Or cette année, de forts vents, soufflants des déserts d'Asie centrale jusqu'au nord-ouest de l'Inde, charrient une muraille de poussière.

"C'est un phénomène très inhabituel qu'on ne voit environ qu'une fois par décennie. La poussière ne retombe pas et le ciel est obscur." explique le vice président de météorologie et de changement climatique.

En début d'après-midi jeudi, les concentrations de matières particulaires PM10 atteignaient jusqu'à 1300 microgrammes par mètre cube dans la capitale indienne. Soit plus de 25 fois la limite de 50 mg par mètre cube sur 24 heures recommandée par l'OMS.

Les PM10 sont des particules en suspension dont le diamètre ne dépasse pas 10 micromètres. En inhalant de l'oxygène, elles peuvent s'infiltrer das les poumons et une exposition à long terme est susceptible d'entraîner de graves problèmes de santé.

L'épisode actuel est aggravé par les nombreux chantiers à ciel ouvert, dont les courants d'air viennent soulever les poussières, avertissent les experts.

Pour parfaire ce cocktail empoisonné, New Delhi connaît une pollution à l'ozone - un gaz provoqué par des émissions d'origine humaine - de plus en plus forte. 

Les enfants, le troisième âge et les personnes âgées sont les plus vulnérables à cet épisode de pollution.

La mousson, qui améliore nettement la qualité de l'air grâce aux pluies, ne devrait pas atteindre la capitale indienne avant une quinzaine de jours. 

 

Source: science et avenir




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