Lucas, 4 ans, enfant des rues


Le roman "Lucas, 4 ans, enfant des rues", dont la parution est en cours, sera vendu au profit du GSCF.

L'auteure de ce livre, Monyclaire, a en effet voulu soutenir les actions du GSCF en reversant l'intégralité des bénéfices à notre ONG.

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Petit extrait...
 

Elle se tait un instant, part dans ses rêveries.

- Et puis, rien. Je crois que je n'ai plus envie de rien. A quoi bon aller voir ailleurs ? Un ailleurs qui ressemble à ici. Où il n'y aura rien de plus pour nous. Tu sais, je n'ai aucune envie de jouer les touristes, excuse-moi.

- Non, tu as raison, ma proposition était idiote. J'ai beau faire des efforts, je n'arrive pas à imaginer ce à quoi ressemble votre vie.

- Je te souhaite de ne jamais le savoir.

- Oui mais moi Maman je voudrais bien y aller, s'il te plaît.

Laura regarde son fils, toujours si obéissant. Toujours plein de courage. Un petit garçon qui sait que leur vie n'est pas comme celles des autres. Qui peut se faire discret quand c'est nécessaire. Capable par exemple de rester des heures dans le noir de leur réduit parce qu'il a compris que c'est cela ou rester sous la pluie battante. Alors il entre à l'abri, s'allonge sur le matelas, laisse sa mère refermer la porte afin qu'on ne devine pas leur présence, au cas où. Et il se tait, attend sagement. Un petit garçon qui ne va pas à l'école parce que... Laura a essayé de l'inscrire, un jour. A la première question de la directrice elle a deviné que ce ne serait pas possible. Ou qu'il lui faudrait en passer par des tas de formalités avant d'obtenir le sésame de l'inscription :

- Votre adresse s'il vous plaît ?

Un petit garçon à qui il semble naturel que sa mère tende la main. Un petit garçon qui a compris qu'il est inutile de dire « j'ai faim ». Si sa mère ne lui donne rien c'est qu'elle n'a rien, il faut attendre. Attendre que quelqu'un leur donne une pièce ou, les jours de chance un morceau de pain ou un gâteau.

Un petit garçon qui vit dans la rue. Lucas, 4 ans, enfant de la rue... Laura se révolte parfois, intérieurement. Mais, bon sang, il n'a que quatre ans, ce môme. Ce qu'on lui impose est inacceptable !

Elle se secoue, surtout ne pas se laisser aller au découragement. Elle ne voit aucune raison d'espérer une éclaircie dans leurs vies mais elle se doit de profiter de chaque tout petit moment où le présent est moins dur.

- Oui, tu as raison Lucas, après tout, allons-y. Cela nous changera.

Julie se retient à temps, elle allait encore dire une bêtise. La matinée commence à s'avancer et elle allait parler du déjeuner.

Elle sait que là-bas ils ne trouveront rien à acheter. Est-ce que Laura se pose ce genre de questions ? Bien sûr que non.

Ils se mettent en route. Lucas qui sautillait sur le trottoir, devant eux, ralentit et vient donner la main à Julie. Sentir cette petite menotte dans la sienne lui fait un bien fou.

Peu de paroles échangées pendant le quart d'heure de marche nécessaire pour rejoindre le square. Laura observe son fils. Il est en train de s'attacher à cette jeune femme. Il lui faut en savoir davantage sur elle.

- Tu ne nous as pas beaucoup parlé de toi, attaque-t-elle.

- Oh tu sais, il n'y a pas grand-chose à dire. Ma vie est sans intérêt.

- Aucune vie n'est sans intérêt, même pas la nôtre, à Lucas et à moi. Je suis sure que quelqu'un pourrait en écrire un livre, plaisante-t-elle.

- Bon, OK, que veux-tu savoir ?

- Dans le monde qu'on dit civilisé, il y a une question qui semble importante, invariablement on te la pose comme pour te situer. Tu fais quoi comme travail ?

- Rien qui fasse rêver. Je travaille en usine, à la chaîne. C'est une entreprise qui fabrique des décorations de Noël ou pour les fêtes anniversaires, par exemple.

- Peut-être pas extraordinaire mais tu as un travail, un salaire donc un appartement, tout est lié, soupire Laura.

- Oui, je sais, j'ai de la chance.

- Non, Julie, tu n'as pas de chance, c'est normal. Cela devrait être pour tout le monde comme cela ! Si seulement...

 

Laura se tait et Julie n'ose pas poser de questions. Savoir par exemple comment son histoire a débuté. Pourquoi elle en est arrivée là, à la rue. Elle préfère continuer à raconter sa propre histoire. A suivre...

 

 






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