« On a l’impression de prêcher dans le désert »

Thierry Velu, président fondateur, dresse l’état des lieux du GSCF
8 décembre 2014


Quinze ans après sa création, le GSCF fait face à une situation paradoxale. D’un côté, le nombre d’adhérents a doublé en un an. De l’autre, l’association peine à mobiliser les donateurs. Thierry Velu, président fondateur, dresse l’état des lieux du GSCF, dans un contexte qui n’est pas rose. Sa principale crainte : devoir stopper l’aide aux personnes sans domicile fixe.
 
  • En 2014, le GSCF a fêté ses 15 ans d’existence. Comment analysez-vous l’évolution de l’association depuis sa création ?
« Le GSCF existe en effet depuis 1999.En 15 ans, nous avons construit quelque chose de beau. Nous sommes intervenus sur les principales catastrophes naturelles dans le monde. Mais l’association a peut-être grandi trop vite sans s’en rendre compte. Nous avons aujourd’hui les responsabilités de professionnels de l’humanitaire sans disposer des mêmes fonds. »
 
  • Quelles orientations l’association a-t-elle prises ?
« Nous avons élargi progressivement nos compétences. A l’origine, nous avions uniquement une vocation humanitaire, consistant à intervenir en urgence sur les catastrophes. Puis nous avons mené des opérations de développement, pour aider les populations en cas de nouvelle catastrophe, comme nous l’avons fait en Haïti. Et depuis 2011, nous travaillons aussi sur le territoire français en venant en aide aux SDF. »
 
  • Comment les dons des particuliers accompagnent-ils cette évolution ?
« C’est très compliqué. On ressent évidemment l’effet de la crise. Une association comme la nôtre fonctionne à la fois grâce à de fidèles donateurs et grâce à des « coups de cœurs » sur des actions spécifiques. Actuellement, on perd peu de mécènes, mais ils ne sont plus assez nombreux pour défendre toutes les actions que nous avons développées. »
 
  • Pourquoi vous êtes-vous lancé dans l’aide aux SDF ?
« Au début, cette cause n’était pas une priorité pour moi. Et puis je me suis rendu compte qu’il y avait énormément de besoins et de choses à faire dans ce domaine. J’ai découvert que l’horreur pouvait aussi se jouer à nos portes. Certains SDF n’avaient même pas de sac de couchage ! C’est pourquoi nous avons développé ce kit de survie. Nous avons peut-être été un peu utopistes. On espérait que ça génèrerait une vague de solidarité. On pensait aussi être copiés par d’autres structures. Mais ça n’a pas été le cas. On a vraiment l’impression de prêcher dans le désert. »
 
  • L’action en faveur des SDF est-elle menacée aujourd’hui ?
« C’est un combat qui a fait évoluer le GSCF mais il nous coûte cher. Alors c’est vrai, on devra peut-être abandonner le kit de survie. C’est malheureux car c’est une cause qui me tient vraiment à cœur. Je me laisse jusqu’à la fin de la saison pour faire le point. J’espère que les gens vont se réveiller. C’est insupportable de devoir pleurer pour avoir des subventions, et pas seulement des dons. Nous avons écrit aux 577 députés. Seuls 20 ont répondu, et nous n’avons reçu que cinq réponses positives (1). Ca prouve qu’il y a un vrai malaise. Je rêve d’un gros donateur qui serait prêt à soutenir nos kits de survie. Je milite aussi pour la création à l’Assemblée nationale d’un groupe d’études spécialisé dans la cause des SDF, pour qu’on se pose les bonnes questions et qu’on agisse. Même le 115 n’a pas assez de moyens. On estime le nombre de SDF entre 150 000 et 200 000, ça ne devrait pas être si compliqué que ça de les prendre en charge. »
 
  • Comment le bénévolat se porte-t-il au sein du GSCF ?
« En 16 ans, nous avons observé une évolution importante dans le monde associatif. Les bénévoles ne sont plus les mêmes aujourd’hui. Chacun a ses problèmes, qu’ils soient personnels, financiers ou professionnels et ils ont moins de temps à consacrer à une association. »
 
  • Certains membres ont-ils aussi un rôle trop passif selon vous ?
« Oui, et c’est pour ça que nous avons mis en place une adhésion payante il y a quelques années, car il y avait trop de membres passifs. Pour autant, les effectifs ont énormément augmenté. Nous avions 120 adhérents actifs il y a un an, ils sont 240 aujourd’hui, sans compter les adhérents passifs ou honorifiques (2). Nous sommes de plus en plus connus et reconnus. Il y a aussi ceux qui cherchent l’Eldorado pour partir en mission humanitaire, mais cela dépend de l’investissement personnel dans l’association. »
 
  • Les adhérents restent majoritairement des sapeurs-pompiers. Est-ce important ?
« C’est vrai, nous avons 95 % de sapeurs-pompiers dans nos rangs. C’est important pour le secours d’urgence. Ils sont aptes physiquement, ils parlent le même langage et sont habitués à répondre aux ordres. Après, nous n’avons pas besoin de guerriers, n’importe qui peut adhérer et faire connaître l’association, chacun à sa manière, en en parlant autour de soi, en distribuant des prospectus… »
 
  • Et vous, quels sont vos projets personnels au sein de l’association ?
« Je songe à passer le relais. Etre président d’une association comme le GSCF, c’est compliqué, sur le plan personnel comme professionnel. Je suis fatigué et j’aimerais bien que quelqu’un prenne la relève un jour, pourquoi pas dans les deux ans… »
       
  1. Les députés ayant débloqué une enveloppe ou fait un don personnel en faveur du GSCF sont Michel Lefait, Daniel Fasquelle (députés du Pas-de-Calais), Yves Jégo (Seine-et-Marne), Noël Mamère (Gironde)et Suzanne Tallard (Charente-Maritime).
  2. Au total, en comptant les adhérents passifs ou honorifiques, les effectifs du GSCF s’élèvent actuellement à environ 300 adhérents.
 
Trois actions majeures en 2014
 
  1. Une nouvelle unité de potabilisation d’eau
En avril, le GSCF a acquis une machine à la pointe du progrès en matière de potabilisation d’eau. Plus besoin de chlore ni d’additif : cette unité fonctionne selon un système d’ultra-filtration et permet de produire plus de 1000 litres d’eau potable à l’heure. Un procédé vital en cas de catastrophe naturelle majeure, lorsque les infrastructures sont anéanties.
 
  1. Un nombre d’adhérents multiplié par deux
Grâce à ses actions de prospection et à sa réputation, le GSCF a doublé le nombre de ses adhérents en 2014 : ils sont passés de 120 à 240 membres actifs.
 
  1. Une force d’action rapide humanitaire (FARH)
De trois à douze membres du GSCF peuvent désormais être déployés à tout moment sur le terrain en cas d’urgence, dans le cadre du groupe FARH. Une équipe très réduite peut être envoyée en « éclairage » pour se renseigner sur la situation et préparer la venue de renforts.
 
EN CHIFFRES

20 €,c’est le coût mensuel de l’adhésion « Monde » au GSCF, ouvrant la possibilité de partir en mission à l’étranger (5 € par mois pour une adhésion « France »)

95 % de sapeurs-pompiers parmi les adhérents

240 adhérents actifs au sein du GSCF, dont la moitié d’adhésion « France »et le reste « Monde »

23 600 amis sur la page Facebook du GSCF
 
Pour le GSCF
Sylvain DELAGE

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