Roman "Lucas, 4 ans, enfant des rues"

Publié le 13/05/2018


Roman "Lucas, 4 ans, enfant des rues"
Les chèques au profit du GSCF continuent de nous parvenir, suite aux ventes du roman "Lucas, 4 ans, enfant des rues".

Nous renouvelons nos remerciements à l'auteure, Monyclaire, qui reverse intégralement les bénéfices de ses ventes.

Vous trouverez un nouvel extrait du roman ci-dessous:

- Je ne vois vraiment pas comment obtenir de Laura qu’elle accepte ma proposition.
Tu sais, elle s’est installée dans cette vie. Elle a essayé plusieurs fois d’en sortir. D’autres ont essayé de l’aider. Cela a capoté à chaque fois, pour différentes raisons. Laura est devenue méfiante et je crois qu’elle a raison. Tu imagines ce que cela représente d’espoirs déçus lorsque après y avoir cru, avoir quitté la rue, on est obligé d’y retourner ? Je pense que cela devient de plus en plus difficile à chaque fois. Et puis elle a peur.
Peur ?
Oui, peur qu’on lui enlève le petit. Tu sais, les services sociaux ne font pas toujours dans la dentelle. C’est vrai que la vie de ce gamin est difficile, il vit dans des conditions déplorables mais... il est avec sa maman. Tu as vu comme ils s’aiment ces deux-là ? Les séparer serait trop douloureux pour l’un et l’autre.
Dis-moi Rachid, comment as-tu fait, toi, pour qu’elle accepte ton aide ?
Elle n’a pas eu le choix.
Comment ça, pas eu le choix ?
Je préférerais que ce soit Laura qui te raconte, mais je vais te dire en gros comment cela s’est passé. Cela fait un peu plus de trois ans que je les ai rencontrés.
Tant que cela ? Tu veux dire que cela fait trois ans qu’ils sont dans la rue, qu’ils dorment chez toi ? Mais Lucas était bébé !
Oui, il ne trottait pas encore tout seul. Rachid se tait, repensant à cette époque où il a connu celle qu’il a toujours appelé « petite ». Cela faisait plusieurs jours qu’il l’avait repérée. Des SDF, il en voyait régulièrement mais cette petite-là avec son bébé lui avait tourneboulé le cœur. Comment était-ce possible de les laisser à la rue ? Pendant sa pause déjeuner, un jour il a remonté la rue, là où elle disparaissait après être venue acheter une banane ou un morceau de pain. Il trichait souvent sur le montant à payer, juste un peu, pour ne pas éveiller sa méfiance. Il la devinait fière. Il l’a vue sur son banc, le bébé dans les bras. Elle a à peine répondu à son bonjour, s’est montrée distante. Il était clair qu’elle n’avait pas envie d’engager la conversation. Et puis, il y a eu ce matin où elle est entrée dans son magasin, comme aux abois. Il a vite compris qu’il se passait quelque chose qui l’inquiétait.
Que se passe-t-il, petite ? Je peux t’aider ?
Oui, s’il vous plaît. Elle avait oublié toute fierté. Son fils était en danger. Il l’a entendu tousser, de cette vilaine toux rauque.
Il a de la fièvre. Je me demandais...
Oui ? Que puis-je faire pour toi ?
Si vous pouviez lui faire chauffer un peu de lait... Elle a laissé sa phrase en suspens. Elle baissait la tête, honteuse de demander de l’aide. Lui, Rachid, a rapidement fait le tour de la question. Il ne pouvait pas inviter cette jeune femme chez lui. Sa femme Fatna et lui-même habitaient un studio ridiculement petit et, surtout, il s’y rendait en mobylette, c’était à une bonne dizaine de kilomètres. Pour autant, pas question de laisser ce gamin malade dehors. Il n’a pas hésité, proposant une solution qui lui coûterait cher s’il était découvert. Je vais te faire chauffer du lait, je vais y ajouter du miel c’est bon pour la gorge et sa toux. Mais il ne faudrait pas qu’il reste dehors, il va y attraper la mort.
À ce mot, Laura a frissonné, mais que pouvait-elle faire ?
-Tu ne peux pas continuer à vivre comme cela, petite, ce n’est pas possible. Je peux te montrer quelque chose ? Je vais te proposer une solution, bancale, mais c’est, je crois, mieux que la rue. Il faudra par contre être prudent et discret, je n’ai pas le droit de faire cela. C’est alors qu’il l’a amenée au réduit, froid, sans électricité, mais à l’abri du vent et de la pluie. 
Je sais, c’est pas terrible, mais je ne peux pas faire mieux. La jeune femme a éclaté en sanglots. Il s’est mépris, pensant que la petite croyait qu’il se moquait d’elle. Il était gêné, prêt à dire « Oublions tout cela. » C’est alors qu’elle s’est écroulée contre lui, murmurant des remerciements à l’infini...


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