Association humanitaire de sapeurs - pompiers

SDF: inquiétudes du président du GSCF

Publié le 06/02/2018


Thierry VELU, président du GSCF et initiateur du kit de survie, est inquiet de la situation des personnes se retrouvant à la rue.

Pour rappel, le GSCF a mis en place en 2010 un kit de survie, qui avait pour objectif de venir en aide aux personnes ne disposant pas d'hébergement ou arrivant à la rue. 

Ce dispositif mis en place, comme le souligne le président du GSCF, n'est aucunement une solution mais simplement un soutien provisoire apporté à ces personnes vivant à la rue.

Depuis 2010, le GSCF, sous l'impulsion de son président, a tout fait pour changer la prise en charge des personnes à la rue. De nombreux rapports ont été adressés à l'ensemble des gouvernements passés au pouvoir depuis cette date. A ce jour, rien ne change, pire dans quelques mois le GSCF, sans réel soutien, devra arrêter les kits de survie: lire.

Nous réitérons l'évaluation et les propositions que nous avions effectuées, qui, pour nous, sont des propositions qui peuvent aller dans le bon sens.

Une copie de cette page sera adressée, de nouveau, au Chef de l'Etat. Nous espérons que nous serons écoutés, même si malheureusement nous avons peu d'espoir d'être entendus.

En avril 2018, date à laquelle nous arrêterons, sans soutien, les kits de survie, nous continuerons nos actions pour défendre les personnes à la rue. 

Dans l'attente, nous demandons à chaque lecteur de prendre connaissance de ce dossier et de le partager. En effet, les réseaux sociaux ont un pouvoir important.

Nous demandons également que toute personne impliquée pour la bonne marche de notre pays ou que toute personne qui dispose d'une influence sur un public (comédien, artiste,chanteur) nous contacte.

En effet, si nous souhaitons un jour que la situation ne s'empire pas, il est important de nous unir.

Nous relançons notre appel aux dons dans l'espoir d'une prise de conscience collective.

 

La France, pays riche...de pauvres

La France est aujourd’hui la 5 ème puissance économique mondiale, derrière les États-Unis, la Chine, le Japon, l'Allemagne et devant le Royaume-Uni. Or, malgré ce rang, des personnes vivent en France dans la plus grande des misères et bien souvent loin des regards et dans une totale indifférence.
 
Pourtant vivre, ou plutôt survivre à la rue, constitue une épreuve permanente. Y abandonner des gens est une atteinte aux droits de l’homme.
 
Des mesures ont certes été prises ces dernières années pour ouvrir davantage de places en centres d’hébergement, surtout l’hiver, mais elles restent insuffisantes et inadaptées.
 
On sait aussi que le SAMU social (115) est régulièrement saturé et qu’il ne peut répondre à toutes les demandes. Les centres d’hébergement d’urgence proposent un abri pour une nuit dans la perspective d’orienter la personne vers une structure adaptée permettant de plus longs séjours.
 
Or aujourd’hui, ces orientations sont impossibles car le dispositif est engorgé et les centres d’hébergement d’urgence saturent d’ailleurs à leur tour. Là aussi, ce phénomène a déjà été mis en évidence.
 
Chaque hiver montre ainsi les lacunes de notre société à protéger les citoyens les plus démunis et livrés à eux-mêmes, ces citoyens que l'on regroupe, assez hypocritement, sous la bannière de « SDF » pour « sans domicile fixe ».
 

Et rien n'avance, au contraire, cela s'empire ! L’INSEE a publié en juillet 2013 un rapport sur les conditions de vie des sans-domiciles fixes en France, faisant part de chiffres accablants qui attestent d’une importante augmentation ces dernières années. En effet d'après ce rapport, le nombre de sans-domicile a progressé de 50 % entre 2001 et 2012.
 
Aujourd'hui, les mêmes discours, les mêmes paroles se répètent et à chaque début d'hiver, la France redécouvre de façon épisodique ses pauvres, s’inquiète (à raison) de leur hébergement.
 
Les sans-abri sont, malheureusement, devenus ce que le jargon des médias appelle « un marronnier », à savoir un sujet d’article récurrent. Mais à ce jour, le seul changement constaté est malheureusement l'accentuation du nombre de SDF…
                                              
« Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. », Article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme
 
« 1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.» (Article 25.1 de cette même déclaration).
 
Pourtant, plus de 150 000 personnes dont au moins 20 000 enfants vivent de façon durable dans la rue ou ont recours à des séjours répétés dans des centres d’hébergement. Une personne sur vingt s’est retrouvée sans logement personnel au cours de sa vie (Insee 2009). Les personnes sans domicile sont confrontées à des situations difficiles, elles cumulent les expériences douloureuses du « sans » : sans toit, mais aussi souvent sans droit, sans ressource, sans sécurité, sans défense, et parfois sans confiance, dans les institutions, dans les autres.
 
(Extrait du livre : Si vous saviez : La rue une réalité – Ed les deux encres)

Un sac d’accompagnement (kit de survie)  pour aider les SDF durant l’hiver

En 2010, lors d’un hiver très rigoureux, le Groupe de Secours Catastrophe Français (GSCF) à l'initiative de son Président-Fondateur, Thierry VELU,  a souhaité mettre en place une action en faveur des personnes vivant dans la rue. 

Pourquoi la création du kit de survie ?
 
Plus d'un appel sur deux au 115, le numéro d'urgence pour les SDF, reste sans réponse faute de places disponibles dans les structures d'accueil. Au manque de moyens vient s'ajouter une explosion des demandes d'hébergements d'urgence…
 
Afin de proposer une alternative au manque crucial de places, l'association humanitaire GSCF a ainsi créé un sac d'accompagnement (ou kit de survie). Ce sac, grâce à sa composition, répond à des besoins spécifiques étudiés avec les personnes de la rue.

Lien :  Composition du kit de survie 2017 - 2018 
 
Un sac unique en France (en attendant de vraies solutions…)

 
Le sac d'accompagnement pour les personnes sans domicile fixe a été conçu en collaboration avec des personnes vivant dans la rue. Chacun des accessoires qui composent le sac a ainsi été étudié et pensé avec les personnes de la rue, des associations et notre service Santé.
Lors de notre étude pour sa conception, nous nous sommes aperçus que les personnes SDF recevaient bien souvent des effets d’occasion éclectiques (des vêtements, couvertures, sacs, livres,...) remis de manière rarement équivalente. En effet, structures et particuliers donnent aux personnes sans domicile fixe en fonction de ce qu’elles ont, aussi la nature et la qualité des objets peuvent-elles donc s’avérer très variables.
 
Nous avons souhaité, par souci d’équité, que le sac et son contenu soient identiques pour chaque bénéficiaire.
 
Le sac est réétudié chaque année, en fonction des retours quant à son contenu.
Le concept de ce sac, de par sa réalisation et son contenu, constitue un projet unique en France.
 
Bien entendu, nous soutenons et encourageons toutes les structures qui œuvrent dans la distribution d'effets vestimentaires et/ou sacs à poursuivre leurs actions. L’ensemble des actions en faveur des personnes SDF ne seront pas trop nombreuses pour traiter leur souffrance.

Nous sommes bien conscients que cette action ne constitue pas une solution suffisante et que ce sac servira uniquement de kit de survie afin de passer l'hiver.
 
La véritable solution serait un toit pour tous avec un suivi et surtout une écoute…
Cas de conscience
 
80 % des éléments qui composent le sac ont une durée de vie que nous avons estimée supérieure à 1 an (étude sur deux périodes de distribution).
 
Au moment de boucler le sac  pour l’année 2013/2014, une question s'est alors posée :  devons nous continuer à proposer un sac aussi complet et donc aussi coûteux pour l’ONG ? Ou devons-nous créer un nouveau sac avec des produits consommables ou un kit d'hygiène ?
 
Nous avons constaté que la quantité attirait la presse et ainsi la médiatisation qui en découle. En effet, distribuer 1000 radios ou des kits d'hygiène avec des produits jetables fera le 20 heures des journaux d'actualité, alors que distribuer 200 kits de survie passera inaperçu…
 
Si nous nous basons sur la distribution des kits de survie de l'année 2012, nous pourrions pour un même coût distribuer 15 814 kits d'hygiène. On sait qu’une telle information serait a priori davantage relayée notamment par les médias. La recherche du nombre est malheureusement souvent privilégiée car elle reste plus spectaculaire, alors même que le kit d'hygiène, certes pratique, aura cependant une durée de vie très courte.
 
Face à cette question, nous avons fait le choix de maintenir notre kit de survie tout en l'améliorant. En effet, cette réponse nous semble plus adaptée aux besoins des SDF tant dans la temporalité que dans l'exhaustivité. Ce choix implique toutefois une couverture médiatique moins large, quel dommage !
 
* Le coût du sac (hors frais de maraudes) est de 170 euros pour l’homme et de 60 euros pour l'animal de compagnie.

 

Enquête du GSCF année 2012 / 2013

60% des personnes rencontrées ne souhaitaient pas faire appel à une structure d'accueil. Les motifs évoqués étaient les suivants:
35% Non prise en charge du compagnon canin
45 % Peur des foyers, agressions, vols,...
5% Personne vivant dans son véhicule, caravane ou abris,...
15% Raisons diverses *
 
En ce qui concerne le motif « Peur des foyers », nous retrouvons par ordre d’évocation les motifs suivants :
 
-Violences
-Vols
-Manque d’hygiène (risque d'infections parasitaires, odeurs, maladie,...)
-Problème d'alcool et de drogue
 
* Le motif « Raisons diverses » correspond à : prise en charge trop courte et séparation des couples.

Le portrait du SDF aujourd'hui en France
 
 Un homme célibataire âgé d’une trentaine d’années et de nationalité française, voilà, d’après l’INSEE, un portrait-robot du SDF en France en 2012.    
 
Les 30-49 ans représentent près de 50% de ces sans-domicile, bien qu'ils ne constituent environ qu'un tiers de la population française. A contrario, les femmes, qui composent plus de la moitié des 65 millions de Français, ne représentent que deux SDF sur cinq (1).
 
L'Insee révèle également que même si la majorité des sans-domiciles vivent seuls, 20% sont en couple, dont un quart avec des enfants.
 
La situation des étrangers francophones a de quoi inquiéter : alors qu'ils ne composent que 6% de la population française, ils représentent 40% des SDF.
 
 
 

Caractéristiques de la mortalité chez les SDF

En préambule, quelques mots sur les sources dont nous tirons les données qui vont suivre, à savoir le collectif Les Morts de la Rue. Cette association, créée en 2002, collecte des données sur les décès des personnes sans domicile, afin de faire savoir que beaucoup de personnes qui vivent ou ont vécu à la rue en meurent. Les objectifs de l’association sont multiples : mettre en œuvre les moyens et actions nécessaires à la recherche et la dénonciation des causes souvent violentes des morts de la rue, susciter la réflexion, assurer des funérailles dignes de la condition humaine, et accompagner les personnes en deuil et leur entourage.
 
La remontée d’information au Collectif Les Morts de la Rue est de nature variée : associative, institutionnelle, médiatique ou citoyenne. Sa base de données est à ce jour la plus exhaustive au niveau national, sans pour autant que celle-ci soit complète.
 
Nombre
 
Selon le Collectif, en moyenne, chaque jour, quelle que soit la saison, un SDF meurt en France. Le mouvement des enfants de Don Quichotte, médiatisé par son porte-parole Augustin Legrand (Tentes Quechua le long du canal Saint-Martin à Paris) n'y a rien changé : les SDF continuent de mourir de froid et d’absence de chaleur humaine…
 
De janvier 2008 à décembre 2010, le Collectif a recensé 1145 décès de personnes sans domicile, qu’elles soient décédées dans la rue ou non, soit environ 380 décès par an. La vocation du collectif n’étant pas la réalisation d’études statistiques, son fichier contient un nombre important de décès pour lesquels certains champs ne sont pas renseignés, en particulier les causes de décès.
 
Âge
 
Sur la période 2008-2010, la moyenne d’âge du décès des personnes sans domicile est de 49 ans (tranche allant en réalité de 4 à 94 ans), contre 77 ans comme moyenne d’âge générale pour les Français, soit un écart de 28 ans entre ces deux populations.
 
Il faut savoir qu’au sein de la population sans domicile, environ 90% des décès surviennent avant 65 ans, contre 25 % dans la population générale.
 
Genre
 
Les personnes sans domicile qui sont décédées sont très majoritairement de sexe masculin (92% d’entre elles). En standardisant sur l’âge, la proportion de femmes décédées au sein de la population générale est 4 fois plus importante chez les personnes SDF. Ces résultats correspondent à la littérature sur la mortalité des personnes sans domicile (CDC 1987 ; Babidge et al.2001 ; Nordentoft et Wandall-Holm 2003). Les hommes sont aussi surreprésentés au sein de la population sans domicile vivante (Briant et Donzeau 2011; Yaouancq et al. 2013).
 
Saison
 
Contrairement aux idées reçues, il semblerait qu’on ne puisse pas totalement lier mortalité et saisonnalité, les décès des personnes sans domicile survenant tout au long de l’année, avec effectivement une surreprésentation en hiver, mais qui reste légère (30 % en hiver, 22 % au printemps, 20 % en été et 28 % en automne). Il faut aussi préciser, comme l’ont relevé les chercheurs en charge de ces études, que ces écarts peuvent, au moins en partie, s’expliquer par une mobilisation sociale et médiatique plus importante en hiver et en automne. En effet, cette dernière peut engendrer une intensification de la remontée d’information vers le Collectif Les Morts de la Rue (campagne 2010). De plus, comme précisé dans les études, certaines structures (centres d’hébergement notamment) ne sont ouvertes aux personnes sans domicile que lors de la période hivernale, ce qui facilite la remontée de l’information à cette période.
 
Lieu de décès
 

Les décès des personnes sans domicile ont lieu pour 39 % à l’hôpital, 27 % sur la voie publique et 17 % dans un logement (c’est-à-dire chez un tiers, dans une structure d’hébergement, etc.). Au sein de la population générale, les décès surviennent principalement à l’hôpital (57 %) et dans un logement (30 %), en standardisant sur l’âge et le sexe. La proportion de décès sur voie publique est 4 fois plus élevée au sein de la population sans domicile.

Propositions

La persistance et l’aggravation du phénomène montrent bien que notre société ne parvient pas à traiter véritablement l’exclusion.

Alors, que faire ?
 
Certes, il n'existe aucun remède miracle et chaque personne à la rue reste un cas unique, même si bien souvent les motifs de l’exclusion demeurent souvent identiques, en tous les cas catégorisables, identifiables et définis pour la plupart d’entre eux.
 
Aucun gouvernement ne semble avoir travaillé à ce jour pour traiter le problème des SDF à la racine, ceci causant un engorgement des centres d'hébergements pour les personnes en grande précarité qui devraient être prises en charge.

 
Pour désengorger les centres, des mesures ont été mises en place en limitant la durée d'hébergement et ainsi remettre à la rue une personne sans se soucier de son avenir, allant même jusqu’à oublier que la personne que nous mettons à la rue est un être humain, avec un cœur et des pensées. Comment sortir de la rue dans de telles conditions et reprendre confiance en la société ? Imaginez l'état psychologique de cette personne livrée à elle même, chaque jour étant un combat pour survivre… 
 
Le système est inefficace, et tout ce qui est fait pour le consolider renforce cette inefficacité, voire cette incompétence.
 
Renforcer les mesures d’hébergement : La France, parmi d’autres points, se distingue par la diversité mais aussi l’inutile complication de son offre de prise en charge dans les différents types d’hébergements. Il demeure primordial de rationnaliser l’attribution des prises en charges et de disposer en la matière d'un cadre clairement défini pour les hébergements d'urgence, de résidences alternatives et autres. En clair, il faut éviter le court séjour et privilégier du long terme, notamment après un hébergement d'urgence.
 
Agir en amont : Nous devons également penser au-delà de l’hébergement. Il faut interrompre l'hémorragie de la mise à la rue en mettant en place une agence nationale qui prendrait immédiatement en charge les personnes à risque et/ou susceptibles de se retrouver à vivre dehors et ainsi éviter les ruptures qui conduisent à une telle exclusion : expulsions de locataires honnêtes vivant une situation imprévisible, passage dans des institutions (prisons, hôpitaux), perte d’emploi, séparation...
 
A ce jour, nous pouvons comparer les acteurs sociaux aux pompiers qui épuiseraient une maison inondée sans penser à fermer préalablement le robinet... Il faut couper l'arrivée des sans-abri en amont, au niveau des accidents de la vie.

Changer la bureaucratie :  Les personnes SDF demeurent dans la catégorie des personnes les plus fragilisées de notre société et la France a réussi à mettre en place un système des plus complexes de prise en charge… Les services se croisent, les compétences se chevauchent entre Etat, départements, mairies, associations, et autres organismes...
 
L'idée de l'agence nationale précédemment évoquée permettrait de donner une cohérence en instaurant une hiérarchie dans le système, un « qui fait quoi et qui gère quoi ».
 
Dans certaines villes, l'aide aux sans-abri peut être démultipliée entre le Samu social et les nombreuses associations : un sans-abri peut parfois voir surgir plusieurs associations dans sa journée pour lui proposer une couverture, un café,... sans trouver de solution à son problème. Sans parler de ceux qui sont totalement oubliés suivant le lieu où  ils se trouvent.
 
Ce manque de coopération, voire cette anarchie, relève d'un manque d'informations et de moyens mis à disposition des associations. Il n'est aucunement question de s’immiscer dans la gestion des associations mais une agence ou un serveur internet permettrait aux structures d'échanger sur leurs actions et sur les personnes rencontrées, et surtout d’aider plus efficacement en partageant le travail et les moyens. Il reste important que les mairies soient informées des actions en cours dans l’objectif d’ensemble essayer de réduire le nombre de personnes SDF.
 
Résoudre les incohérences du Samu social : le GSCF, mais aussi d’autres acteurs comme Médecins du Monde ou Mediapart, ont constaté des dysfonctionnements dans la prise en charge du 115 :
Une personne sur deux n'a pas été prise en charge en décembre 2012 par le 115 (Source : Fnars, Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale). En novembre 2012, plus de deux tiers des appels (71 %) n'avaient alors pas débouché sur un hébergement. Les familles représentaient, pour la première fois, plus de la moitié des appels. Or, on sait bien que la plupart des centres ne peuvent pas répondre aux demandes des familles. 
 
Dans nos maraudes, nous avons été surpris de trouver des incohérences notamment dans le refus du 115 de prendre en charge des personnes par manque de place alors que des places sont disponibles. Une enquête de mars 2012 de « Médecins du monde », rejoignant nos constations, traite de l’origine des refus d’accueil du 115 pour autre motif que l'absence de places et mentionne que « parmi les raisons les plus fréquemment évoquées, on trouve :
 
- La personne a « épuisé son quota de nuits », 29%
- La personne est « connue pour des problèmes de comportement » (alcool, etc.), 9%
- La personne a un chien, 3%
- La personne est en situation irrégulière, 9%
- La personne « n’a pas rappelé, ne s’est pas présentée la fois dernière ou a déjà refusé une place une fois », 14%
- « n’a pas appelé le 115 depuis plus d’un mois », 3% (car sans rappel, on ne figure plus sur les listes)
- « nom inconnu sur les listes du 115 », 3%
 
Le GSCF n’est pas le seul à avoir constaté des dysfonctionnements ; ainsi, un post récent sur le blog de Médiapart en faisait état également : la difficulté de joindre un permanencier (20 minutes d’attente…), puis, une fois que l’appel est pris, de nouveau une attente imposée, étant allée dans le cas relaté jusqu’à 1h15 (appel pour la prise en charge d’une jeune femme enceinte, à la rue avec son enfant de 2 ans) ; fermeture à 17 heures de certaines structures jouant un rôle dans l’acceptation d’une personne dans un centre d’accueil (assistante sociale par exemple).
 
Responsabiliser les personnes sans-abri :
arrêter d’infantiliser les personnes à la rue pour mettre en place une confiance mutuelle ;
 
Procéder à une évaluation des services : proposer aux personnes sans-abri des questionnaires de satisfaction concernant les établissements médico-sociaux et les services d’urgence ;
 
Agir de façon pérenne : mettre en place des mesures d’accompagnement pour aider les personnes sans-abri à se réinsérer et à retrouver emploi et logement.
 
Le système de l'aide aux personnes SDF doit être totalement revu et corrigé en France, la première des mesures étant la mise en place de moyens en amont afin d'éviter qu'une personne se trouve confrontée à la rue sans avoir espoir d'un retour à une vie normale.
 
Le point le plus important reste le logement accessible aux plus démunis tout en évitant l'assistanat. En effet, il est primordial de trouver des solutions d'aide en proposant une réinsertion et un travail en échange d'un logement et de ressources. Nous devons mettre un terme à l'assistanat. Pensons à ce proverbe de Lao Tseu : « Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours ».
 
L'assistanat n'a jamais résolu les problèmes de notre société, bien au contraire,  il entretient la misère et provoque chez certains citoyens le mépris de la facilité de l'aide.
 
Autre objectif à viser : trouver des mesures pour redonner confiance aux personnes à la rue.

Dans la masse des personnes à la rue, il faut savoir que certaines y sont depuis bien longtemps, trop longtemps. Ces personnes refuseront d'être aidées, et préfèreront la rue à l'hébergement. La personne SDF, qui subit depuis des années les difficultés des services de l'Etat, développera une argumentation reposant sur des théories très critiques vis-à-vis du système de prise en charge. Il ne faut donc pas négliger l’importance du temps de discussion, d’échange, à passer afin de permettre l’instauration d’une relation de confiance, qui seule permettra à la personne sans domicile de retrouver confiance dans ce que l’on peut lui proposer.
 
D'autres personnes, mais plus rares, ont fait le choix volontairement de se détacher de la société, mais pour ceux qui attendent une aide et souhaitent s’en sortir, il est grand temps de changer et de réformer notre système. 
 
Il reste important que l'Etat se modernise dans une optique de prise en charge des personnes SDF s’inscrivant dans une véritable logique de service public. Pour ce faire, il est important de notamment s’attacher à mettre en place des standards minimaux, à la fois de prise en charge et de qualité de service. Il s’agit d’assurer un accueil digne aux sans-abri…
 
Propositions urgentes 
 
Prise en charge des primo arrivants : Un accident de la vie peut arriver à chacun d’entre nous, qu’il soit d’ordre financier, familial ou autre. Il est urgent d’éviter la rue et de mettre en place une plateforme d’appels répartie en région et permettant de trouver immédiatement une solution d’accueil pour éviter la rue. Nous savons très bien qu’une personne, après 6 mois d’errance, peut trouver des difficultés à sortir de la rue.
 
Accueil par des familles : La prise en charge par une famille d’une personne primo-arrivant doit être également étudiée. La mise en place de familles d’accueil est pour notre part à étudier, la famille d’accueil pourrait être rémunérée par l’Etat. L’accueil devra être constructif avec des objectifs à atteindre, qu’ils soient d’ordre professionnel ou thérapeutique. Une prise en compte de la personne par un membre de la famille, formé et agréé, permettrait d’éviter la rue à de nombreuses personnes mais aussi de créer des emplois.


 
 




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