Blessé dans un incendie, un pompier volontaire risque de perdre son activité

Blessé dans un incendie, un pompier volontaire risque de perdre son activité
« Pour aider les gens. » Jean-François Galliot a commencé chez les pompiers volontaires de Sixt en même temps qu’il s’est installé à son compte, en 1997. « Ma mère était infirmière. Je crois que j’ai toujours eu ça en moi. » Ce père de famille de 50 ans explique avec simplicité ce qui l’a conduit à s’engager à porter secours aux autres.

Un geste qu’il ne regrette pas, encore aujourd’hui malgré un calvaire qui dure depuis le 8 janvier, jour où le plafond d’un chalet lui est tombé dessus lors d’une intervention à Samoëns (lire ci-dessous). Et pourtant, il a perdu ce jour-là plus que ces deux mois passés sans pouvoir mettre le pied par terre et ces quatre mois à venir de rééducation.

« Pour le travail, c’est une catastrophe »

« Pour le travail, c’est une catastrophe, explique l’artisan. Comme je suis seul, j’ai dû fermer depuis janvier mon commerce d’installation et dépannage TV à Marignier. » Son régime obligatoire d’entrepreneur lui rembourse 805 € par mois et le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) complète pour arriver au remboursement complet de son salaire, soit 1 600 €. À cela s’ajoute une somme comparable qui devrait être versée par la mutuelle de l’Union départementale des sapeurs-pompiers.

Reste que, l’entreprise Electrovision de Jean-François Galliot a un coût de fonctionnement qui dépasse son seul salaire. « Cela représente environ 5 200 € mensuels entre les charges, les assurances, le fourgon… Comme je n’ai plus aucune rentrée d’argent, je me retrouve avec un déficit mensuel de 3 600 € par mois » (NDLR : tant que les 1600 euros de la mutuelle manquent). Après deux mois, le pompier volontaire dit ne pas pouvoir faire plus et arrête désormais de payer : « Je suis en découvert bancaire et en cessation de paiement ».

Il a bien contacté l’assurance complémentaire qu’il avait prise pour son exploitation, mais on lui a expliqué qu’elle ne prenait pas en compte les accidents des pompiers volontaires ! « Je ne critique pas le Sdis mais le système, tient à préciser Jean-François Galliot. Aucune loi ne réglemente les indemnisations des pompiers volontaires dans ma situation. »

Le colonel Jean-Marc Chaboud, patron des pompiers de Haute-Savoie , suit cette situation. « Monsieur Galliot bénéficie d’une indemnité de son régime social qui est complété par le Sdis. La mutuelle double cette somme et en plus, les amicales de sapeurs-pompiers ont voté des aides conséquentes. Nous lui avons aussi proposé de recruter quelqu’un pour le remplacer. Nous ne pouvons pas faire plus et supporter le maintien de son activité. Je suis désolé pour lui mais nous ne pouvons pas indemniser une entreprise. Il aurait fallu souscrire une assurance spécifique pour cela. »

Face aux factures qui s’accumulent, Jean-François Galliot tente de faire connaître son affaire. Sa fille a posté un appel sur les réseaux sociaux, rencontrant une écoute certaine, notamment auprès des pompiers.