Et si l’avenir de la surveillance des plages passait par les airs ?

Complément d’un article de La Voix du Nord faisant suite aux noyades sur la Côte d’Opale.

Interview de Thierry VELU, Président Fondateur du GSCF, avec la Voix du Nord.

Pour conclure l’enquête consacrée à la surveillance des plages, rencontre avec Thierry VELU, Président du Groupe de Secours Catastrophe Français (GSCF), qui propose un système de drone capable de larguer des bouées. Un dispositif qui n’empêche pas de respecter quelques règles de prudence.

C’était en février 2018. Ce mois-là, un couple de boulangers berckois meurt noyé, piégé par la marée. Un drame qui a ému l’ensemble de la Côte d’Opale, et notamment Thierry VELU, pompier étaplois et président du Groupe de Secours Catastrophe Français (GSCF). Suite à ce terrible accident, les membres de cette association à vocation nationale et internationale qui vient de fêter ses 20 ans, ont imaginé le principe d’un drone capable de larguer en mer des bouées de sauvetage.

“L’objectif serait que ce drone soit déployé lors des gros coefficients de marée mais aussi les jours de beau temps, quand les plages ne sont pas surveillées” détaille Thierry VELU.

Le drone aurait l’avantage d’apporter une visibilité sur un kilomètre de longueur, le tout à basse altitude, entre vingt et trente mètres de hauteur, et dans des lieux potentiellement difficiles d’accès. Les appareils pouvant retransmettre des vidéos aériennes en direct. “Le but est avant tout de faire de la prévention en repérant les personnes qui se mettent en danger et, en dernier recours, de larguer une bouée en mer, en attendant l’arrivée des secours.” Après largage, la bouée se gonfle automatiquement pour sécuriser la victime.

Drone du GSCF équipé d’une bouée de largage

Un dispositif supplémentaire

Ce drone, piloté par des professionnels formés, ne se substituerait bien évidemment pas aux pompiers ou aux autres sauveteurs côtiers mais “pourrait être un dispositif supplémentaire.” 

Le risque zéro n’existe pas et le drone n’aurait pas forcément évité les derniers drames, mais l’objectif est de mettre en oeuvre tous les moyens qui existent pour éventuellement sauver des vies.

Pour autant, malgré les premiers tests effectués à Berck en octobre, le GSCF n’a pas senti un grand intérêt pour le projet de la part des communes. Thierry VELU assure pourtant que la mise en place “ne coûterait pas cher, moins de 2000 euros par mois” , uniquement pour le défraiement des pilotes. Aujourd’hui, l’ONG est ouverte aux discussions. Le GSCF possède d’ores et déjà trois drones capables d’effectuer ces opérations et une bouée de sauvetage.

 

Source : la Voix du Nord : article d’origine