Eure: l’usage des drones questionne les pompiers du département

Utilisés à titre exceptionnel lors des crues du printemps dernier, ces objets volants pourraient prochainement rejoindre l’arsenal des pompiers eurois. La réflexion est en cours.

L’idée est bien dans les tuyaux. Conscients des intérêts que présentent les multiples usages des drones, les pompiers de l’Eure réfléchissent à l’introduction de ces matériels volants au sein de leur arsenal, en partenariat avec le GSCF.

Des départements, plus ou moins voisins, comme l’Orne par exemple, ont franchi le pas. Les sapeurs-pompiers utilisent d’ores et déjà les drones dans le cadre de leurs missions.

 

Un usage à titre exceptionnel

Nicolas ROUSSEAU, le responsable de la communication du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de l’Eure, confirme mais prend soin de préciser: “le cadre d’utilisation des drones, et notamment les autorisations de voler sont extrêmement contraignants. Il est nécessaire de déclarer en préfecture les vols, trois semaines avant de les effectuer” . Incompatibles en l’état avec la notion d’urgence qui caractérise l’exercice des pompiers au quotidien.

Cependant des situations singulières ont amené récemment les autorités à contourner ce cadre légal.

“Sur accord exceptionnel du préfet, nous avons pu utiliser des drones lors des inondations du printemps dans le secteur de Rugles” (lire) rappelle Nicolas ROUSSEAU. “Cela nous a donné une vue globale de la situation et ce, y compris en salle de crise à la préfecture. Nous avons pu ainsi anticiper au mieux au fur et à mesure. Ce test a permis de mesurer l’intérêt de l’usage des drones.”

Reste à trouver les solutions pour assouplir, notamment en termes de délais, le cadre légal qui réglemente le vol des drones sur le territoire national.

Des personnels déjà équipés

C’est une des conditions nécessaires. Cependant ce n’est pas la seule. De facto, les pilotes doivent aussi être titulaires d’un brevet spécial pour faire voler ces engins en toute légalité. Pour autant cette condition ne constitue pas un écueil pour les pompiers de l’Eure.

“Nous avons dans nos effectifs des personnels qui à titre personnel se sont très tôt intéressés aux drones” explique Nicolas ROUSSEAU. “Certains ont suivi la formation et ont obtenu un brevet qui, sur certains aspects, est le même que celui du pilote d’ULM.”

Ces personnels du Sdis 27, tant professionnels que volontaires, sont tous ou presque adhérents d’une association nationale humanitaire: le Groupe de Secours Catastrophe Français (GSCF).

Une convention à l’étude

D’où l’idée qui anime les services du Sdis 27 de contracter avec cette association, sous la forme d’une convention.

“Ces personnels utilisent des drones sur de nombreuses interventions” précise le responsable de la communication du Sdis de l’Eure. “Nous avons pu assister à des démonstrations notamment avec des drones équipés de caméras thermiques. Cela renforce la sécurité des hommes engagés sur un feu en leur évitant une proximité trop grande avec le danger lorsqu’ils utilisent cette même caméra thermique. Mais d’autres usages sont envisageables comme des largages de poudre sur des foyers d’incendie…”

La liste n’est pas exhaustive. Prendre un peu de hauteur n’est pas inutile pour mesurer tous les avantages de l’usage des drones.

A noter enfin que la ville d’Evreux serait disposée à mettre à la disposition des sapeurs-pompiers ses deux drones.

 

 

Source: actu.fr