La mort d’un pompier ravive le malaise de la profession

Un sapeur-pompier de 27 ans a été tué le 4 septembre dans le Val-de-Marne par un homme en crise de démence. De plus en plus fréquemment agressés, les pompiers réclament d’être accompagnés par les forces de l’ordre sur “les interventions à risques”.

Geoffrey Henry n’a rien pu faire. Appelé en urgence sur Villeneuve-Saint-Georges par la mère d’un trentenaire souffrant de schizophrénie, le sapeur-pompier de 27 ans a été pris par surprise: prétextant avoir oublié quelque chose dans son pavillon, son meurtrier est ressorti avec deux couteaux, tuant le jeune sauveteur et blessant grièvement l’un de ses collègues (lire).

L’enquête ne fait que commencer. La chronologie des faits – et notamment les appels passés en amont par la mère de famille – reste à établir, tout comme l’épineuse question du discernement de l’agresseur.

Côté pompier, l’émoi se mêle à la colère. Pour eux, c’est le drame de trop.

Déplorant depuis des années la violence grandissante dont elle est la cible, la profession exige désormais de l’exécutif, et plus particulièrement de la Place Bauvau, que les conditions de ses interventions soient revues.

“Nous nous retrouvons en première ligne pour gérer la détresse sociale, mais aussi psychologique, de toute une partie de la population” constate Eric Faure, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPP).

“Certains cas relèvent d’une prise en charge clairement médicale, d’autres nécessitent l’intervention des forces de l’ordre mais c’est souvent à nous, au final, qu’incombe cette mission.”

En cause: le surmenage des autres services. Mais pas seulement. “La population a trop souvent le réflexe d’appeler les pompiers” poursuit-il.

Un numéro unique d’urgence demandé

Les pompiers réclament donc la mise en place d’un numéro unique d’urgence en lieu et place du 15, du 17 et du 18. “Nous souhaitons qu’une seule et même plateforme, le 112 par exemple, gère l’ensemble des appels et dispatche ensuite les demandes aux professionnels concernés” poursuit Eric Faure.

Les pompiers demandent, par ailleurs, à être accompagnés des force de l’ordre lors des interventions à risques. Et ce “pour les cas de démence, les feux de poubelles, les feux de véhicules dans des zones prioritaires ou autre organisation de guet-apens” .

Une demande qui intervient dans un contexte de violences accrues. En 2016, 2280 sapeurs-pompiers ont été agressés physiquement en intervention, soit 17% de plus qu’en 2015.

Pour rappel, ces derniers ne sont ni armés, ni équipés de gilets pare-balles.

Et ces violences s’ajoutent, par ailleurs, aux agressions verbales – quotidiennes, à les entendre – et aux dommages causés aux véhicules (plus de 400 en 2016).

“Nous sommes agressés alors même que nous portons secours, les autorités doivent désormais en prendre acte” estime Eric Faure.

 

 

Source: la croix