Les drones, “un outil fiable contre les noyades”

Article du 16 juillet 2019 du Figaro

Interview – Sapeur-pompier dans le département du Pas-de-Calais et Président du Groupe de Secours Catastrophe Français, Thierry VELU défend un projet de surveillance des plages par drones.

Le Figaro : En quoi consiste ce dispositif et à quel stade de développement en êtes-vous ?

Thierry VELU : L’idée est de permettre une prise en charge plus rapide et plus efficace des personnes en risque de noyade. Le drone offre 3 niveaux d’actions : en premier lieu, il permet d’avertir le baigneur d’un danger, puis les secours si le danger se confirme. Le drone peut enfin, en dernier recours, procéder au largage d’une bouée directement auprès de la victime. 

Ce genre de dispositif existe déjà depuis longtemps aux Etats-Unis mais il est encore à développer en France. Notre dispositif a été testé sur les plages de Berck, dans le Pas-de-Calais, et nous cherchons désormais des communes intéressées pour le mettre en place. 

Que peut accomplir un drone par rapport à une surveillance humaine “classique” ?

Le drone permet d’avoir une vision d’ensemble de la zone qu’il survole et donc une capacité de surveillance accrue. Sur la Côte d’Opale, où nous l’avons testé, il est surtout utile pour empêcher les baigneurs d’être pris au piège par des bâches (des cuvettes d’eau qui peuvent générer de très forts courants vers le large, NDLR). Cette vidéosurveillance en direct à partir des drones est une garantie de sécurité. L’utilisation de cette technologie requiert, cela étant dit, un personnel très qualifié, doté à la fois d’un permis drone et d’une solide connaissance des zones surveillées.

Le drone est-il une solution suffisante pour lutter contre la noyade ?

Comme je le répète toujours, le risque zéro n’existe pas, et un drone à lui seul ne pourra pas empêcher toutes les noyades. Concrètement, un drone couvre une zone d’un kilomètre de largeur, avec une petite autonomie de 20 à 30 minutes. Cela reste un outil fiable mais seulement complémentaire à la surveillance humaine. ll serait particulièrement utile lors des journées à fort coefficient de marée, notamment au début des vacances, lorsque les baignades ne sont pas toutes surveillées. Dans tous les cas, la mise en place de drones irait de pair avec tout un travail de prévention et de pédagogie directement auprès des publics concernés.

 

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