Les vocalises des volcans pourraient permettre de prévoir les éruptions à venir

Pour prédire les prochaines éruptions, les chercheurs décident de tendre l’oreille vers un phénomène étrange: les vocalises des volcans.

Un simple regard sur le événements survenus récemment suffit à nous rappeler les implications dramatiques que peut comporter une éruption volcanique.

Face à ce phénomène destructeur, notre champ de vision demeure encore limité, et il importe pour les volcanologues de collecter un maximum d’informations sur chaque volcan pour mieux en comprendre les mouvements et les rythmes. Selon une dernière étude, l’une des façons dont nous pourrions observer les volcan serait de les écouter.

Cette étude se concentre sur les vocalises récemment produites par le volcan Cotopaxi, en Equateur central, depuis son éruption en 2015. Ces sons, baptisés “tornillos” par les chercheurs, ressemblent à de puissants souffles émis par le cratère du volcan. Après avoir subi des déformations lors de la dernière éruption,celui-ci agirait comme un tuyau d’orgue.

“C’est le plus grand tuyau d’orgue que vous ayez jamais croisé” s’exclame le volcanologue Jeff JONHSON. “Comprendre comment chaque volcan parle est crucial pour comprendre ce qu’il se passe. Une fois que l’on connaît les vocalises d’un volcan, si celles-ci se mettent à changer, nous pouvons alors présumer que des modifications ont eu lieu dans le cratère, et c’st alors que nous concentrons notre attention dessus.”

En effet, la forme du cratère peut avoir un impact notable sur son “empreinte vocale”. Un outil de surveillance particulièrement intéressant dans le cas du Cotopaxi chez lequel une nouvelle éruption pourrait menacer des centaines de milliers de vies. La fonte de la couverture neigeuse recouvrant les flancs du volcan que celle-ci provoquerait pourrait entraîner des inondations ainsi que des coulées de boue.

Si les volcans peuvent produire des sons pour le moins impressionnants, la plupart de ces derniers se situent au-dessous du seuil d’audition humaine. Les chercheurs ont donc recours à une surveillance des infrasons, une pratique relativement établie, mais pour laquelle beaucoup de travail demeure encore nécessaire afin d’établir des concordances entre les sons et leurs significations.

Les tornillos (qui ont, depuis, cessé de se manifester), sont une nouvelle addition au catalogue des chercheurs. Ils pourraient indiquer un effondrement ou une explosion au fond du cratère selon eux. Ces sons fournissent quoi qu’il en soit un excellent indicateur de la proximité entre le magma et les nappes phréatiques à l’intérieur du cratère.

“Il est capital pour les scientifiques de connaître la profondeur d’un cratère, de savoir si le niveau de magma a changé et s’il interagit avec les eaux souterraines; une interaction qui pourrait représenter un danger considérable”  explique le volcanologue David FEE de l’université de Fairbanks, en Alaska.

Prochaine étape: étudier l’empreinte vocale du Kilauea suite à son éruption dévastatrice en mai dernier.