Pompier mort en service


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Pompier mort en service
Thierry Godfrind aura droit à des funérailles civiques

MONTRÉAL – Thierry Godfrind, le pompier mort en service vendredi dernier dans l’arrondissement de Saint-Laurent à Montréal, aura droit à des funérailles civiques.

Les funérailles officielles seront célébrées vendredi à la basilique Notre-Dame de Montréal, a annoncé le Service de sécurité incendie de Montréal lundi soir dans un communiqué.

L’heure n’est en revanche pas encore connue. «Nous aurons les pompiers de partout au Canada et aux États-Unis. C’est une façon pour eux de soutenir Thierry dans ce passage dans l’autre monde» a déclaré Serge Tremblay, directeur du Service de sécurité incendie de la Ville de Montréal (SIM).

Les circonstances entourant la mort du pompier de 38 ans, qui répondait à un appel de routine avec ses collègues, commencent à être éclaircies. On sait désormais que c’est l’arrière du camion qui a percuté le sapeur lors d’une manœuvre de routine.

Celui-ci est passé sous les roues du mastodonte. Plusieurs collègues ont assisté impuissants à la scène et ont subi un choc nerveux.

La Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) doit commencer son enquête ce mardi.

Les pompiers en deuil

À la Caserne 47, rue Saint-Zotique, où une dame a déposé des fleurs en hommage au pompier disparu, le lieutenant Serge Goyette se fait le porte-parole des pompiers rattachés à ce secteur.

«Dans un premier temps, tous pensent à la famille. Ce collègue avait des parents, des cousins, une conjointe. Nos premières pensées vont à eux.» Puis, c’est vers la grande famille des pompiers que tous se tournent. «Ici, c’est notre deuxième famille. C’est sûr que ça vient nous toucher. Hier (dimanche), nous étions sur un feu et tous avaient le «cul» à terre.»

«Vendredi, lorsque je suis arrivé à la maison, ma conjointe m’a demandé ce qui s’était passé, je n’avais pas de réponse. Puis, j’ai eu des nouvelles. Il était décédé», a-t-il confié avec beaucoup de tristesse.

À ce moment-là, l’alarme sonne. Deux équipes montent à bord de camions. Les visages sont tristes, mais déterminés. Ils feront leur devoir, sans oublier leur confrère. C’est la notion de respect qui prime. Les portes s’ouvrent, les voilà partis.

Sont-ils à l’abri d’un accident, d’une tragédie ? «C’est un métier technique. Et plus c’est risqué, plus c’est technique. Après, entre nous, on parle de ce qui est arrivé. Dans ce cas-ci, c’est un accident, fortuit, comme tous les autres.»

Mais personne ne laisse la peur l’envahir. «Il n’y a pas de place pour ce sentiment. Ça fait juste nous remettre en question afin de faire la «job» le mieux possible. Quand notre vie est en danger, on pense à notre famille, à nos collègues et on prend tous les moyens pour sauver notre peau. Thierry n’a pas eu cette chance-là,» a-t-il conclu.

Tous les pompiers du Québec touchés

«C’est le genre de nouvelle qu’on prend assez durement. On pense à toutes ces fois où on est nous aussi passé proche d’un accident dangereux et ça nous fait réaliser que ça pourrait nous arriver à nous aussi», a commenté Michel Deveau, sapeur pompier à Châteauguay. Ce dernier a expliqué par ailleurs que la route est souvent l’un des pires dangers au travail des pompiers. «On risque de se faire frapper en tout temps. Ça m’est déjà arrivé, un automobiliste était sur la route et ne faisait pas attention où il allait parce qu’il regardait l’incendie. J’aurais été happé si j’avais fait un pas de plus», a-t-il raconté.

Source : 24h Montréal
Vidéo le journal de Montréal

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