SDF: inquiétudes du président du GSCF

Thierry VELU, président du GSCF et initiateur du kit de survie, est inquiet de la situation des personnes se retrouvant à la rue.

Pour rappel, le GSCF a mis en place en 2010 un kit de survie, qui avait pour objectif de venir en aide aux personnes ne disposant pas d’hébergement ou arrivant à la rue.

Ce dispositif mis en place, comme le souligne le président du GSCF, n’est aucunement une solution mais simplement un soutien provisoire apporté à ces personnes vivant à la rue.

Depuis 2010, le GSCF, sous l’impulsion de son président, a tout fait pour changer la prise en charge des personnes à la rue. De nombreux rapports ont été adressés à l’ensemble des gouvernements passés au pouvoir depuis cette date. A ce jour, rien ne change, pire dans quelques mois le GSCF, sans réel soutien, devra arrêter les kits de survie: lire.

Nous réitérons l’évaluation et les propositions que nous avions effectuées, qui, pour nous, sont des propositions qui peuvent aller dans le bon sens.

Une copie de cette page sera adressée, de nouveau, au Chef de l’Etat. Nous espérons que nous serons écoutés, même si malheureusement nous avons peu d’espoir d’être entendus.

En avril 2018, date à laquelle nous arrêterons, sans soutien, les kits de survie, nous continuerons nos actions pour défendre les personnes à la rue.

Dans l’attente, nous demandons à chaque lecteur de prendre connaissance de ce dossier et de le partager. En effet, les réseaux sociaux ont un pouvoir important.

Nous demandons également que toute personne impliquée pour la bonne marche de notre pays ou que toute personne qui dispose d’une influence sur un public (comédien, artiste,chanteur) nous contacter.

En effet, si nous souhaitons un jour que la situation ne s’empire pas, il est important de nous unir.

Nous relançons notre appel aux dons dans l’espoir d’une prise de conscience collective.

La France, pays riche…de pauvres

La France est aujourd’hui la 5 ème puissance économique mondiale, derrière les États-Unis, la Chine, le Japon, l’Allemagne et devant le Royaume-Uni. Or, malgré ce rang, des personnes vivent en France dans la plus grande des misères et bien souvent loin des regards et dans une totale indifférence.
 
Pourtant vivre, ou plutôt survivre à la rue, constitue une épreuve permanente. Y abandonner des gens est une atteinte aux droits de l’homme.
 
Des mesures ont certes été prises ces dernières années pour ouvrir davantage de places en centres d’hébergement, surtout l’hiver, mais elles restent insuffisantes et inadaptées.
 
On sait aussi que le SAMU social (115) est régulièrement saturé et qu’il ne peut répondre à toutes les demandes. Les centres d’hébergement d’urgence proposent un abri pour une nuit dans la perspective d’orienter la personne vers une structure adaptée permettant de plus longs séjours.
 
Or aujourd’hui, ces orientations sont impossibles car le dispositif est engorgé et les centres d’hébergement d’urgence saturent d’ailleurs à leur tour. Là aussi, ce phénomène a déjà été mis en évidence.
 
Chaque hiver montre ainsi les lacunes de notre société à protéger les citoyens les plus démunis et livrés à eux-mêmes, ces citoyens que l’on regroupe, assez hypocritement, sous la bannière de « SDF » pour « sans domicile fixe ».

Et rien n’avance, au contraire, cela s’empire ! L’INSEE a publié en juillet 2013 un rapport sur les conditions de vie des sans-domiciles fixes en France, faisant part de chiffres accablants qui attestent d’une importante augmentation ces dernières années. En effet d’après ce rapport, le nombre de sans-domicile a progressé de 50 % entre 2001 et 2012.
 
Aujourd’hui, les mêmes discours, les mêmes paroles se répètent et à chaque début d’hiver, la France redécouvre de façon épisodique ses pauvres, s’inquiète (à raison) de leur hébergement.
 
Les sans-abri sont, malheureusement, devenus ce que le jargon des médias appelle « un marronnier », à savoir un sujet d’article récurrent. Mais à ce jour, le seul changement constaté est malheureusement l’accentuation du nombre de SDF…
                                              
« Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. », Article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme
 
« 1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.» (Article 25.1 de cette même déclaration).
 
Pourtant, plus de 150 000 personnes dont au moins 20 000 enfants vivent de façon durable dans la rue ou ont recours à des séjours répétés dans des centres d’hébergement. Une personne sur vingt s’est retrouvée sans logement personnel au cours de sa vie (Insee 2009). Les personnes sans domicile sont confrontées à des situations difficiles, elles cumulent les expériences douloureuses du « sans » : sans toit, mais aussi souvent sans droit, sans ressource, sans sécurité, sans défense, et parfois sans confiance, dans les institutions, dans les autres.
 
(Extrait du livre : Si vous saviez : La rue une réalité – Ed les deux encres)