“Si je pouvais, je repartirais dès demain pour aider Saint-Martin”

 

Le Gueugnonnais Benjamin Tissier rentre d’une mission humanitaire sur l’île Saint-Martin dévastée par Irma. Une expérience forte qui le conforte dans sa vocation de sapeur-pompier.

Benjamin Tissier était à peine rentré de sa mission sur l’île de Saint-Martin que déjà, il assurait ses astreintes de pompier volontaire à Gueugnon. L’étudiant de 23 ans ne se sent dans son élément que lorsqu’il porte son pantalon de pompier. C’est d’ailleurs pour devenir officier pompier qu’il a choisi de suivre un Master Risques et Environnement en Alsace.

Parti pour Saint-Martin avec l’ONG Groupe de Secours Catastrophe Français (GSCF) au lendemain du passage d’Irma, le jeune homme a vécu pendant 10 jours une expérience éprouvante mais qui l’a conforté dans son choix de carrière.

50 toits bâchés

“C’est dans l’avion qui survolait l”île que j’ai vraiment pris conscience de l’ampleur des dégâts” raconte Benjamin. “Nous sommes arrivés dans le quartier très populaire d’Orléans, 6 jours après la catastrophe, mais c’était la première fois que les gens sur place voyaient des secours” décrit le jeune homme qui a pu constater sur place le chaos dans lequel étaient plongées les autorités.

 

L’équipe de 9 personnes du GSCF comptait dans ses rangs un médecin et une infirmière. Ils ont pu effectuer des maraudes sanitaires, soigner des blessés et rétablir les traitements médicaux interrompus.

Le reste du travail de l’équipe consistait principalement à bâcher les toits des maisons privées et à dégager à la tronçonneuse les voies de circulation. Des tâches das lesquelles Benjamin a retrouvé ses réflexes de pompier volontaire.

 

Il note toutefois: “Normalement en France, on bâche un toit par semaine, là on en a fait 50.” Un travail qui s’effectuait sous un soleil écrasant et 45 dégrés.

L’équipe travaillait pourtant chaque jour du lever au coucher du soleil. “Bien sûr que physiquement c’était compliqué, mais dans ces situations-là, quand on sait le bien que ça apporte aux gens, on met la fatigue de côté”. 

Un accueil bouleversant

Au-delà des efforts physiques,le sauveteur a aussi été marqué par plusieurs images. “J’ai vu des maisons où l’eau était montée à plus de 2 mètres et où des lits médicaux étaient hors d’usage. Les gens ont tout perdu, même l’essentiel.” 

 

Dans ce quartier défavorisé d’Orléans, l’équipe du GSCF a toutefois été très bien accueillie par les sinistrés. “Alors qu’ils étaient rationnés en eau, en nous voyant travailler au soleil, les gens insistaient pour nous donner des bouteilles et voulaient nous aider. Des petites filles nous ont donné des gâteaux.”, décrit le Gueugnonnais encore bouleversé par cette expérience. Il retient d’ailleurs: “On apprend énormément sur soi dans ce type de situation, je crois que maintenant, je vais tâcher de profiter des choses simples de la vie.”

La frustration du retour

 

Au bout de 10 jours, faute de moyens, l’ONG, qui ne vit que de dons, a dû lever le camp. “Le plus dur en repartant c’est cette impression de les avoir abandonnés alors qu’il y avait encore tellement de choses à faire” , note Benjamin. Le jeune homme assure d’ailleurs: “Si je pouvais , je repartirais dès demain pour aider Saint-Martin.’

Pour soutenir le GSCF dans ses actions, notamment sur Saint-Martin où l’ONG prépare une seconde mission, FAITES UN DON.

 

Source: Le journal de Saône-et-Loire