Un exemple de nos propositions non prises en compte

La persistance et l’aggravation du phénomène montrent bien que notre société ne parvient pas à traiter véritablement l’exclusion.

Alors, que faire ? 

Certes, il n’existe aucun remède miracle et chaque personne à la rue reste un cas unique, même si bien souvent les motifs de l’exclusion demeurent souvent identiques, en tous les cas catégorisables, identifiables et définis pour la plupart d’entre eux.

Aucun gouvernement ne semble avoir travaillé à ce jour pour traiter le problème des SDF à la racine, ceci causant un engorgement des centres d’hébergements pour les personnes en grande précarité qui devraient être prises en charge.

Pour désengorger les centres, des mesures ont été mises en place en limitant la durée d’hébergement et ainsi remettre à la rue une personne sans se soucier de son avenir, allant même jusqu’à oublier que la personne que nous mettons à la rue est un être humain, avec un cœur et des pensées. Comment sortir de la rue dans de telles conditions et reprendre confiance en la société ? Imaginez l’état psychologique de cette personne livrée à elle-même, chaque jour étant un combat pour survivre…

Le système est inefficace, et tout ce qui est fait pour le consolider renforce cette inefficacité, voire cette incompétence.

Renforcer les mesures d’hébergement : La France, parmi d’autres points, se distingue par la diversité mais aussi l’inutile complication de son offre de prise en charge dans les différents types d’hébergements. Il demeure primordial de rationnaliser l’attribution des prises en charges et de disposer en la matière d’un cadre clairement défini pour les hébergements d’urgence, de résidences alternatives et autres. En clair, il faut éviter le court séjour et privilégier du long terme, notamment après un hébergement d’urgence.

Agir en amont : Nous devons également penser au-delà de l’hébergement. Il faut interrompre l’hémorragie de la mise à la rue en mettant en place une agence nationale qui prendrait immédiatement en charge les personnes à risque et/ou susceptibles de se retrouver à vivre dehors et ainsi éviter les ruptures qui conduisent à une telle exclusion : expulsions de locataires honnêtes vivant une situation imprévisible, passage dans des institutions (prisons, hôpitaux), perte d’emploi, séparation…

A ce jour, nous pouvons comparer les acteurs sociaux aux pompiers qui épuiseraient une maison inondée sans penser à fermer préalablement le robinet… Il faut couper l’arrivée des sans-abri en amont, au niveau des accidents de la vie. 

Changer la bureaucratie :   Les personnes SDF demeurent dans la catégorie des personnes les plus fragilisées de notre société et la France a réussi à mettre en place un système des plus complexes de prise en charge… Les services se croisent, les compétences se chevauchent entre Etat, départements, mairies, associations, et autres organismes…

Résoudre les incohérences du Samu social : le GSCF a constaté des dysfonctionnements dans la prise en charge du 115 : Une personne sur deux n’a pas été prise en charge en décembre 2012 par le 115 (Source : Fnars, Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale). En novembre 2012, plus de deux tiers des appels (71 %) n’avaient alors pas débouché sur un hébergement. Les familles représentaient, pour la première fois, plus de la moitié des appels. Or, on sait bien que la plupart des centres ne peuvent pas répondre aux demandes des familles.

Responsabiliser les personnes sans-abri : arrêter d’infantiliser les personnes à la rue pour mettre en place une confiance mutuelle.

Procéder à une évaluation des services : proposer aux personnes sans-abri des questionnaires de satisfaction concernant les établissements médico-sociaux et les services d’urgence.

Agir de façon pérenne : mettre en place des mesures d’accompagnement pour aider les personnes sans-abri à se réinsérer et à retrouver emploi et logement.

Le système de l’aide aux personnes SDF doit être totalement revu et corrigé en France, la première des mesures étant la mise en place de moyens en amont afin d’éviter qu’une personne se trouve confrontée à la rue sans avoir espoir d’un retour à une vie normale.

Le point le plus important reste le logement accessible aux plus démunis tout en évitant l’assistanat. 
En effet, il est primordial de trouver des solutions d’aide en proposant une réinsertion et un travail en échange d’un logement et de ressources. Nous devons mettre un terme à l’assistanat. Pensons à ce proverbe de Lao Tseu : « Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours ».
L’assistanat n’a jamais résolu les problèmes de notre société, bien au contraire,  il entretient la misère et provoque chez certains citoyens le mépris de la facilité de l’aide.

Autre objectif à viser : trouver des mesures pour redonner confiance aux personnes à la rue.  Dans la masse des personnes à la rue, il faut savoir que certaines y sont depuis bien longtemps, trop longtemps. Ces personnes refuseront d’être aidées, et préfèreront la rue à l’hébergement. La personne SDF, qui subit depuis des années les difficultés des services de l’Etat, développera une argumentation reposant sur des théories très critiques vis-à-vis du système de prise en charge. Il ne faut donc pas négliger l’importance du temps de discussion, d’échange, à passer afin de permettre l’instauration d’une relation de confiance, qui seule permettra à la personne sans domicile de retrouver confiance dans ce que l’on peut lui proposer.

D’autres personnes, mais plus rares, ont fait le choix volontairement de se détacher de la société, mais pour ceux qui attendent une aide et souhaitent s’en sortir, il est grand temps de changer et de réformer notre système.

 Il reste important que l’Etat se modernise dans une optique de prise en charge des personnes SDF s’inscrivant dans une véritable logique de service public. Pour ce faire, il est important de notamment s’attacher à mettre en place des standards minimaux, à la fois de prise en charge et de qualité de service. Il s’agit d’assurer un accueil digne aux sans-abri… 

Prise en charge des primo arrivants : Un accident de la vie peut arriver à chacun d’entre nous, qu’il soit d’ordre financier, familial ou autre. Il est urgent d’éviter la rue et de mettre en place une plateforme d’appels répartie en région et permettant de trouver immédiatement une solution d’accueil pour éviter la rue. Nous savons très bien qu’une personne, après 6 mois d’errance, peut trouver des difficultés à sortir de la rue.

Accueil par des familles : La prise en charge par une famille d’une personne primo-arrivant doit être également étudiée. La mise en place de familles d’accueil est pour notre part à étudier, la famille d’accueil pourrait être rémunérée par l’Etat. L’accueil devra être constructif avec des objectifs à atteindre, qu’ils soient d’ordre professionnel ou thérapeutique. Une prise en compte de la personne par un membre de la famille, formé et agréé, permettrait d’éviter la rue à de nombreuses personnes mais aussi de créer des emplois.