Un pompier condamné à la suite de la mort d’un de ses collègues dans un incendie en 2007

Le mercredi 10 octobre 2007, le pompier volontaire Daniel Hosdez périssait dans l’incendie de Huit à Huit. Le Bailleulois Philippe Foutren, sous-officier présent lors de l’intervention, a été jugé coupable d’homicide involontaire par le tribunal de Dunkerque. Son avocat ne comprend pas ce jugement.

Le 10 octobre 2007, Philippe Foutren est dans le premier camion de pompiers qui arrive sur place. La supérette Huit à Huit, située en plein centre-ville, a pris feu. L’intervention va tourner au drame. Une fois que le rideau métallique du magasin est ouvert, deux pompiers y pénètrent. Daniel Hosdez, 34 ans, tombe. Il décède d’une asphyxie provoquée par une poutre ou une plaque métallique tombée du plafond.

Près de dix ans après les faits, Philippe Foutren a été reconnu coupable d’homicide involontaire par le tribunal de Dunkerque. Il est condamné à une amende, avec sursis, de 10 000€. Très malade, le sexagénaire n’a pas pu être présent lors de l’audience qui s’est tenue le 23 mai.

Le sous-officier est le seul à avoir été condamné. En 2016, deux officiers, pompiers professionnels, ayant participé au commandement des opérations, ont été relaxés.

« À ce moment-là, il était près de son camion pour préparer les pompes et faire en sorte qu’il y ait une alimentation en eau. »

Quelle faute a fait le pompier volontaire ? Hugues Febvay, son avocat ne comprend pas. «  Ce n’est pas lui qui a demandé au binôme de rentrer dans la supérette  », explique-t-il.

D’après l’avocat, il est reproché à son client de ne pas avoir donné les consignes à son arrivée alors que cela était son rôle. Mais cela, selon lui, n’aurait pas eu de conséquence. Il raconte  : «  Il était le chef d’équipe qui était constituée dans ce camion. Il aurait dû donner les ordres au binôme qui est parti au feu dans le magasin.»

Le pompier va faire un autre choix   : « À ce moment-là, il était près de son camion pour préparer les pompes et faire en sorte qu’il y ait une alimentation en eau. Cette tâche particulière de superviser le binôme a été réalisée par un autre sous-officier qui, lui, a été entendu comme témoin assisté et mis hors de cause. C’est ça qu’on lui reproche. Mais ce n’est pas ça qui a provoqué le décès. Les instructions qu’il aurait dû passer ont été passées.  »

Selon l’avocat, le binôme ne les a pas respectées : «  Les instructions étaient d’arroser l’intérieur du magasin sans avancer. Le binôme a avancé.  »

Hugues Febvay a le sentiment qu’on veut «  absolument rechercher un responsable  ». Philippe Foutren a fait appel de cette décision.

Deux officiers avaient été relaxés

Le soir du drame, le 10 octobre 2007, Philippe Foutren était le COS (commandant des opérations de secours) au début de l’intervention. Il a ensuite été relayé par des pompiers plus gradés, une fois que ceux-ci sont arrivés sur place.

« Malvenu d’engager des poursuites pénales »

Parmi eux, deux officiers qui se sont expliqués devant le tribunal de Dunkerque, en juin 2016. À l’époque, l’audience de Philippe Foutren a été reportée en raison de son état de santé.

Les deux pompiers professionnels ont, eux, été relaxés. Dans ses réquisitions, le procureur avait été explicite : «  Je trouve malvenu d’engager des poursuites pénales à l’encontre de l’ensemble des personnes.  »

Lors du procès, l’un des deux prévenus avait souligné les conséquences de cette histoire sur les pompiers de Bailleul : «  Des pompiers volontaires n’ont pas su tourner la page. Certains m’ont confié qu’à force d’être questionnés, ils ont fini par avoir le doute : j’en connais au moins trois qui ont arrêté leur activité.  »

La famille de Daniel Hosdez n’a pas entamé de poursuites judiciaires 

Les proches du pompier décédé en 2007, à l’âge de 34 ans, ne se sont pas constitués partie civile dans cette affaire.

L’audience, qui s’est tenue la semaine dernière, est le résultat de plusieurs années d’instruction. «  À partir du moment où il y a une mort qui n’apparaît pas naturelle, il y a une enquête  », explique Hugues Febvay, avocat du pompier bailleulois qui a été condamné. Enquête qui peut être suivie d’une ouverture d’instruction comme cela a été le cas dans cette affaire.

L’affaire a débuté il y a près de dix ans. On en entendra encore parler, Hugues Febvay ayant fait appel de la décision.