Un SDIS et un pompier comdamné

Un SDIS et un pompier comdamné
Le 25 juillet 2009, il avait été percuté au pont de Villeneuve-lès-Maguelonne par un camion de pompier qui partait au feu.

Le Sdis (service départemental d’incendie et de secours) de l’Hérault a été reconnu coupable d’homicide involontaire, mardi soir, par le tribunal correctionnel (*). Et ce, après la mort d’un motard percuté par un véhicule de pompiers, le 25 juillet 2009, à Villeneuve-lès-Maguelone.

Dans un étonnant consensus, aucune partie ne s’est opposée à ce que l’institution soit condamnée comme personne morale. Mais l’examen de l’affaire a montré les failles du Sdis dans son organisation des secours, à l’époque des faits, sous la direction du colonel Cassar. La jeune bénévole à l’origine de l’accident n’aurait jamais dû conduire le 4X4 incriminé, même si aucun texte ne le lui interdisait.

Prison avec sursis pour le pompier bénévole
Ce jour-là, depuis Mireval, elle était partie avec ce véhicule possédant une citerne de 500 litres (un CCFL) pour se rendre sur un feu, à Juvignac. Au pont de Villeneuve, connu pour son étroitesse, elle a ralenti. "Je connaissais sa dangerosité, j’ai freiné par précaution et la direction est devenue flottante, incontrôlable", indique la jeune femme. Le motard qui arrivait en face n’a pas pu éviter la citerne qui se déportait et a chuté en contrebas. Il n’a pas survécu. La conductrice, âgée d’à peine 19 ans, n’a pas maîtrisé son véhicule.

Plusieurs gradés des pompiers, entendus, ont expliqué qu’il était "inconcevable" d’avoir confié à la jeune femme un tel engin, difficile à manœuvrer, sans le moindre accompagnement.

"Le responsable des secours, ce jour-là, a dit qu’il n’avait pas pu faire autrement à cause des effectifs", rappelle Me Christol, partie civile, regrettant ces "légèretés" du Sdis qui ont conduit au drame.

Une amende de 2 000 € pour le Sdis
En fait, cet été-là, la formation à la conduite, obligatoire du temps des emplois jeunes, ne l’était plus lorsque la prévenue a démarré son travail estival. "Préalablement à la saison, le colonel (Cassar, NDLR) avait eu l’idée de faire la formation mais, finalement, personne ne l’a faite", indique la bénévole.

Même le parquet, qui avait pourtant requis deux non-lieux pour le Sdis pendant l’enquête, a laissé la porte ouverte à une sanction allant au-delà de la condamnation morale : "La réglementation était respectée mais il y a une faute d’avoir confié ce véhicule à une conductrice inexpérimentée."

En défense, Me Gauer a indiqué que le Sdis, qui, depuis, a tiré les leçons de l’accident (lire ci-dessous), était prêt "à assumer les choses avec loyauté".

(*) Le Sdis a été condamné à une amende de 2 000 €. Le pompier bénévole a écopé de deux mois de prison avec sursis.