5 novembre · Journée mondiale de sensibilisation aux tsunamis
Ne jamais oublier, toujours se préparer
Le 26 décembre 2004, l’océan Indien a montré au monde entier ce qu’un tsunami peut détruire en quelques minutes. Plus de 220 000 vies ont été emportées. Vingt-deux ans plus tard, en cette Journée mondiale de sensibilisation aux tsunamis, Thierry Velu, Président-Fondateur du GSCF, revient sur ce drame et sur une conviction : la prévention reste notre meilleure arme.
Le jour où la mer a tué
Il y a des images qu’un sauveteur n’oublie jamais. En Thaïlande, après le passage de la vague, nos sapeurs-pompiers ont découvert des côtes méconnaissables, des villages rayés de la carte, des familles qui cherchaient leurs proches au milieu des décombres. Nous étions là pour rechercher, pour aider, pour rendre aux familles ce qui pouvait encore l’être.
Mais face à un tsunami, les sauveteurs arrivent presque toujours trop tard. C’est la réalité la plus dure de ce phénomène : il laisse très peu de chances aux personnes qui se trouvent sur son passage.
Le livre
« Le jour où la mer a tué »
Cette expérience, je l’ai racontée dans ce livre. Je l’ai écrit pour témoigner, pour rendre hommage aux victimes et à ceux qui se sont battus sur le terrain, mais surtout pour que les leçons de 2004 ne restent pas lettre morte.
2004, une catastrophe qui a tout changé
Malheureusement, il a fallu cette tragédie pour que le monde prenne la pleine mesure du risque. En 2004, il n’existait aucun système d’alerte dans l’océan Indien. Entre le séisme et l’arrivée des vagues sur certaines côtes, plusieurs heures se sont écoulées. Des milliers de vies auraient pu être sauvées si l’information avait circulé.
Depuis, beaucoup a été fait. Un système d’alerte aux tsunamis couvre désormais l’océan Indien. La France s’est dotée en 2012 du CENALT, le Centre national d’alerte aux tsunamis, qui surveille la Méditerranée occidentale et l’Atlantique nord-est. Les Nations unies ont fait du 5 novembre une journée mondiale dédiée à ce risque, et de nombreuses communes littorales se sont engagées dans des programmes de préparation. Des mesures ont été prises, des outils ont été réalisés. C’est un progrès réel, et il faut le saluer.
Mais nous devons continuer à avancer
Un système d’alerte ne sauve personne si la population ne sait pas comment réagir. Lorsque le séisme est proche des côtes, la vague peut arriver en quelques minutes seulement, bien avant toute alerte officielle. Dans ces conditions, ce sont les bons réflexes de chacun qui font la différence entre la vie et la mort.
En 2004, sur une plage de Phuket, une jeune fille de 10 ans a reconnu les signes annonciateurs qu’elle venait d’étudier à l’école. Elle a donné l’alerte et une centaine de personnes ont pu être évacuées à temps. Cette histoire résume tout : la connaissance sauve des vies.
Les réflexes qui sauvent
- En bord de mer, si vous ressentez un séisme fort ou long, n’attendez pas : éloignez-vous immédiatement du rivage.
- Si la mer se retire brusquement et de manière inhabituelle, ou si vous entendez un grondement venant de l’océan, partez sans attendre vers les hauteurs ou à l’intérieur des terres.
- Si vous ne pouvez pas vous éloigner, rejoignez un point haut, une colline ou les étages supérieurs d’un bâtiment solide.
- Ne retournez jamais sur la plage après la première vague : un tsunami est une succession de vagues, et la plus destructrice n’est pas toujours la première.
- Attendez la fin officielle de l’alerte avant de revenir.
La France aussi est concernée
On pense souvent que le tsunami est un risque lointain. C’est une erreur. Les Antilles, la Polynésie française, Mayotte, mais aussi les côtes méditerranéennes sont exposées. L’histoire l’a déjà montré, et elle le montrera encore. La question n’est pas de savoir si un tsunami touchera un jour nos côtes, mais quand, et si nous serons prêts.
L’engagement du GSCF
Depuis 1999, le GSCF intervient sur les catastrophes partout dans le monde. Nous savons ce que coûte l’impréparation. C’est pourquoi nous agissons aussi en amont : sensibilisation du public, accompagnement des communes, formation, diffusion des bons réflexes. Chaque personne informée est une vie potentiellement sauvée.
En ce 5 novembre, j’ai une pensée pour toutes les victimes des tsunamis, pour leurs familles, et pour tous les sauveteurs qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes sur le terrain. Notre devoir envers eux est simple : ne jamais oublier, et ne jamais cesser de nous préparer.
Quand la catastrophe frappe, chaque minute compte
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Thierry Velu
Président-Fondateur du Groupe de Secours Catastrophe Français (GSCF)






