Catastrophes & risques dans le monde
Informer, anticiper, alerter fait partie intégrante de la mission du GSCF. Ce bulletin de veille recense les catastrophes naturelles, crises et risques majeurs observés dans le monde en mai 2026 — séismes, éruptions, inondations, mais aussi conflits et épidémies, car tous concernent la protection des populations.
Bilan mondial — Mai 2026
| Zone / pays | Catastrophe ou risque | Éléments principaux |
|---|---|---|
| Philippines | Éruption du volcan Mayon | Éruption importante début mai : coulées de lave, courants pyroclastiques, évacuations. Plusieurs dizaines de milliers de familles affectées selon les premiers bilans. |
| Philippines — Samar oriental | Séisme | Séisme de magnitude 6,0 le 4 mai près de l’île de Samar oriental. |
| Indonésie — Halmahera | Activité volcanique (Dukono) | Éruption du volcan Dukono début mai, activité persistante. |
| Indonésie — Sulawesi du Sud | Inondations | Fortes pluies les 7-8 mai : inondations, dégâts et victimes. |
| Afghanistan | Crues soudaines | Fortes pluies depuis fin avril dans plusieurs provinces : crues soudaines, victimes et dégâts. |
| Tadjikistan | Inondations, coulées de boue | Fortes pluies à Kulob et Isfara, dégâts et victimes. |
| Pakistan — Khyber Pakhtunkhwa | Intempéries, glissements de terrain | Pluies, vents violents, orages et glissements depuis le 10 mai. |
| Inde | Orages, grêle, inondations | Plusieurs États touchés : pluies fortes, vents, grêle, foudre, inondations. |
| Myanmar — Yangon | Séisme | Séisme de magnitude 5,2 le 18 mai au sud-est de Yangon. |
| Turquie | Orages, crues soudaines | Épisodes violents début mai dans le sud ; fortes pluies le 12 mai dans la province de Samsun, débordements et victimes. |
| RD Congo — Sud-Kivu | Inondations | Uvira touchée les 1er-2 mai : morts, déplacements et dégâts. |
| Kenya | Inondations, glissements | Plusieurs comtés touchés depuis le 21 avril ; victimes signalées, familles déplacées, infrastructures endommagées. |
| Chili | Séisme | Séisme de magnitude 6,9 le 25 mai dans la région d’Antofagasta. |
Conflits et tensions géopolitiques
Les crises ne sont plus seulement naturelles. Plusieurs zones de tension restent sous surveillance pour leurs conséquences humanitaires sur les populations civiles : déplacements, accès aux soins, ruptures logistiques.
En mai, un fait est venu illustrer la valeur de l’anticipation : la marée noire au large de l’île iranienne de Kharg. Dès le 22 mars, le GSCF avait alerté sur le risque d’une pollution majeure dans le golfe Persique, autour du détroit d’Ormuz. Deux mois plus tard, les images satellites du programme Copernicus ont confirmé l’apparition d’une nappe d’hydrocarbures de plusieurs dizaines de km² au large du principal terminal pétrolier iranien — exactement le scénario anticipé. Un golfe semi-fermé, des usines de dessalement menacées, des littoraux exposés : dans ce type de zone, les premières heures sont décisives et les conséquences se comptent en années.
Risques sanitaires et épidémies
La dimension sanitaire fait partie intégrante de la veille humanitaire. En mai, le GSCF a placé sous surveillance renforcée une épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo. Les épidémies, souvent aggravées par les déplacements de populations et la destruction des infrastructures de santé après une catastrophe, constituent un risque majeur que les acteurs du secours doivent anticiper.
En France
Un arrêté interministériel publié au Journal officiel le 14 mai a reconnu l’état de catastrophe naturelle dans 221 communes, principalement pour des épisodes de sécheresse et d’inondations survenus entre 2025 et début 2026. Le 19 mai, la loi « Roux-Rapin » sur les inondations a été promulguée pour simplifier et accélérer la prévention des risques par les collectivités — un signe de la pression croissante des événements climatiques extrêmes.
Mise en perspective
Le mois de mai a été inquiétant sur le plan de la chaleur, persistante et inédite. Cette situation laisse présager de nombreuses problématiques pour les mois à venir. Le risque d’inondation ne doit pas pour autant être écarté : les sols asséchés absorbent mal les pluies soudaines, et les épisodes violents peuvent survenir brutalement.
Nous observons aussi l’avancée des feux de forêt et des feux en espace naturel, ainsi que le risque de mouvements de terrain, qui peuvent rendre des maisons inhabitables. Derrière chaque phénomène, il y a des femmes et des hommes. Nous pensons aux personnes à la rue, les plus exposées aux extrêmes climatiques, comme à celles qui suffoquent dans leur logement, faute de moyens pour se protéger de la chaleur.
Mai a aussi été un mois où il nous faut continuer de penser à l’avenir. Anticiper, c’est protéger : comprendre les signaux faibles d’aujourd’hui, c’est se donner les moyens de réduire les drames de demain. Le GSCF poursuivra sa veille, sa préparation et son engagement, parce que voir venir les crises fait pleinement partie du secours.
— Thierry Velu, président fondateur du GSCF






