Le 11 septembre 2026, les États-Unis commémoreront le vingt-cinquième anniversaire des attentats de New York, de Washington et de Shanksville. Près de trois mille personnes ont perdu la vie ce jour-là, dont 343 sapeurs-pompiers du FDNY. Deux jours après l’effondrement des tours, dix sapeurs-pompiers du Groupe de Secours Catastrophe Français embarquaient pour Manhattan. Vingt-cinq ans plus tard, Thierry Velu, président-fondateur du GSCF, n’a rien oublié.
Un mardi matin, dans une caserne du Pas-de-Calais
Ce 11 septembre 2001, Thierry Velu est de garde à la caserne de Montreuil-sur-Mer. Comme des millions de gens, il voit les images en direct. Comme tous les pompiers qui les regardent, il comprend en une seconde ce qui se joue derrière l’écran : des collègues sont montés dans ces tours pendant que tout le monde en descendait.
Le GSCF a deux ans. L’association a été créée en 1999. Elle est jeune, sans moyens, sans notoriété. Dans l’heure qui suit, son président contacte l’ambassade des États-Unis et propose son aide.
Le 13 septembre, l’un des premiers avions autorisés
L’espace aérien américain est fermé. Il faudra attendre deux jours. Le 13 septembre, dix sapeurs-pompiers du GSCF décollent : Paris-Houston, puis Houston-New York, à bord de l’un des tout premiers vols autorisés à rejoindre les États-Unis.
Le même jour, dans une interview à La Voix du Nord, le GSCF annonçait pouvoir intervenir sous les 24 heures. C’était, à l’époque, un délai considéré comme rapide. Aujourd’hui, le GSCF part en moins de trois heures. Entre les deux, il y a vingt-cinq ans de travail, plus de 200 missions internationales dans plus de 35 pays et une réserve de matériel prépositionnée.
La caserne où il ne restait qu’un homme
À l’arrivée, il n’y a plus rien. Le paysage de Ground Zero est celui d’un séisme. Des décombres, de la poussière, et une odeur que ceux qui l’ont respirée n’oublient jamais.
Le souvenir le plus dur n’est pas celui des ruines. C’est celui d’une caserne où il ne restait qu’un seul pompier vivant. Tous les autres étaient morts. Vingt-cinq ans après, le président du GSCF décrit encore la même scène : des hommes tétanisés, qui devaient rester debout, parce que leur rôle n’était pas de pleurer avec les Américains, mais de les soutenir.
« Quand on arrive sur zone, il n’y a plus rien. On se croirait sur un séisme. »
Pendant cinq jours, les sapeurs-pompiers du GSCF assurent une aide logistique et un soutien moral auprès de leurs collègues américains autour du World Trade Center. Puis vient le retour, et ce que Thierry Velu décrit comme le plus difficile : repartir, et laisser derrière soi ceux qui restent.
16 septembre 2001, cathédrale Saint-Patrick
Le dimanche suivant, la délégation française est invitée à la cathédrale Saint-Patrick pour la première cérémonie d’hommage aux pompiers disparus. Être là, dans cette nef, aux côtés du FDNY, cinq jours seulement après les attentats. C’est ce moment qui a scellé un lien jamais rompu depuis entre les deux organisations.
Vingt-cinq ans après
Le GSCF n’oublie pas. Ni les 343 sapeurs-pompiers de New York, ni les policiers, ni les secouristes, ni les anonymes qui sont montés vers le danger. Ni les familles. Ni les milliers de personnes tombées malades des années plus tard à cause des poussières de Ground Zero.
Ce que nous commémorons n’est pas une image de télévision. C’est un métier. Celui de ceux qui entrent quand les autres sortent. Le même métier qui, depuis 1999, envoie les sapeurs-pompiers du GSCF sur les séismes, les inondations et les incendies, en France et partout dans le monde.
Le 11 septembre 2026, les pensées des pompiers humanitaires du GSCF seront à New York.







